|
|
|
|
 |
|
ARAMÉEN ET COPTE |
|
|
|
|
|
ARAMÉEN ET COPTES
Proche du phénicien et de l'hébreu, l'araméen devient au viie s. avant J.-C. la principale langue de relations dans l'Empire assyrien (où il supplante l'akkadien) puis perse. Il se diffuse dans tout l'Orient comme langue écrite (son alphabet est en effet plus simple que les cunéiformes) et comme langue parlée (le Christ a prêché en araméen). À partir du viie s. après J.-C., il est peu à peu supplanté par l'arabe. Aujourd'hui, il est encore parlé, sous différentes formes dialectales, par quelques millions de locuteurs en Syrie, en Iraq (syriaque) et dans le Caucase (aïssor).
DOCUMENT larousse.fr LIEN
COPTES
Coptes
(du grec aiguptios, après chute, à la période arabe, de la première syllabe)
Nom donné originellement aux habitants de l'Égypte et aujourd'hui aux chrétiens de ce pays restés fidèles au monophysisme.
1. HISTOIRE
Après la condamnation par le concile de Chalcédoine (451) du patriarche d'Alexandrie Dioscore, qui pour s'opposer à la montée du siège de Constantinople s'était fait le protagoniste du monophysisme, tous les moines et le clergé suivirent celui-ci dans sa rébellion. Lorsque l'Égypte passa sous la domination arabe, la masse de la population égyptienne passa à l'islam. L'Église copte fut victime de persécutions et déclina. Elle renaquit à la fin du xviie s. et essaima hors d'Égypte. Le patriarche d'Alexandrie réside au Caire et dirige son Église avec son propre synode. Le chiffre des fidèles est estimé aujourd'hui à environ 7 millions. Le pape Léon XIII a créé en 1899 un patriarcat copte catholique, également à Alexandrie, qui regroupe environ 150 000 fidèles. Le rite copte est aussi – mais en langue guèze ou en amharique et non en copte – celui de l'Église orthodoxe éthiopienne, à laquelle on donne parfois, à tort, l'appellation de copte. Cette Église est, avec environ 14 millions de fidèles (en Éthiopie et en Érythrée), une communauté monophysite importante qui, jusqu'en 1959, recevait ses hiérarques de l'Église copte d'Égypte. Depuis cette date, elle est autocéphale, ayant à sa tête un patriarche catholicos (abouna), qui réside à Addis-Abeba, avec des évêques autochtones, tout en reconnaissant une primauté d'honneur au patriarche copte d'Alexandrie.
2. LINGUISTIQUE
Le mot copte est dérivé de l'arabe qubt, aphérèse du grec aiguptios,
Le copte est l'aboutissement de la lente évolution qu'a subie la langue égyptienne depuis l'invention de l'écriture hiéroglyphique jusqu'à la période hellénistique. Dès lors, l'emploi du grec introduit une diglossie qui est à l'origine d'une littérature nouvelle, en partie égyptienne, en partie grecque, qui conduit à l'abandon progressif de l'écriture hiéroglyphique dans ses formes cursives, hiératique et démotique. Le résultat en est l'écriture appelée copte, qui emprunte les caractères de l'alphabet grec et y ajoute des signes dérivés du démotique pour rendre les sons propres au parler égyptien, six ou sept selon les dialectes. Les deux principaux dialectes sont le sahidique, pratiqué en Haute-Égypte (sa'id en arabe), et le bohaïrique (de l'arabe bahri, la Basse-Égypte), répandu dans le Delta, qui s'est par la suite imposé dans tout le pays.
3. BEAUX-ARTS
L'art des premiers chrétiens d'Égypte prend naissance vers le iie s. et persiste jusqu'au xiie s. La période de formation (iie s.-première moitié du ve s.) correspond à l'assimilation de thèmes hellénistiques et surtout alexandrins, auxquels sont adjoints des sujets chrétiens. Les églises sont souvent construites selon l'antique plan basilical avec nef et bas-côtés (Le Caire, chapelle Saint-Serge). Peintures et portraits trahissent encore le naturalisme gréco-romain des portraits du Fayoum, alors que, dans les reliefs traités selon la manière douce, déjà le canon diffère. Peu à peu, les monastères s'organisent et se multiplient (Couvent Blanc, Couvent Rouge, près de Sohag, Saqqarah, Baouit, etc.). Entre le ve et le viie s., l'idée et le concept l'emportent, et la stylisation des feuillages et des rinceaux devient presque monotone, alors que l'opposition des pleins et des vides est violemment accusée. La peinture reflète la même évolution et, si l'intensité du regard demeure, la schématisation domine les compositions (l'abbé Ména, provenant de Baouit, Louvre ; peintures murales de Saqqarah…). Parmi les arts mineurs, la tapisserie est l'un des moyens d'expression privilégiés des Coptes et qu'ils continueront à pratiquer après la conquête arabe.
4. LITTÉRATURE
Nombre d'œuvres de la littérature copte sont perdues, d'autres ne subsistent qu'à l'état de fragments disséminés ou de traduction, essentiellement en grec, en arabe et en éthiopien. À partir du viie s. en effet, la puissance musulmane installée en Égypte a détruit églises et monastères, avec les manuscrits qui y étaient détenus. De même que la prédominance culturelle grecque avait causé le déclin de la langue pharaonique, de même l'arabe à partir du xe s. a supplanté le copte. Les manuscrits coptes n'ont donc plus guère été lus ni recopiés, et en raison de l'amenuisement de la population chrétienne et de ses difficultés économiques, les bibliothèques de livres coptes ont été laissées à l'abandon. Ce qui a été épargné – codices de papyrus ou de parchemin, ostraca – et recopié à l'époque arabe sur du papier ne représente qu'une faible partie de la production littéraire copte et relève pour l'essentiel de la littérature religieuse ou plus précisément ecclésiastique, car après la conquête arabo-musulmane de l'Égypte, les textes coptes n'ont plus été conservés que par et pour des moines ou des clercs. Tout ce qui paraissait inutile ou dangereux aux yeux de la hiérarchie religieuse a été détruit ou n'a pas été reproduit. Ces deux facteurs historiques – disparition progressive du copte comme langue culturelle et conservation sélective de la littérature copte dans les monastères et les églises – sont à l'origine des limites de notre connaissance de ce que fut réellement la littérature copte.
DOCUMENT larousse.fr LIEN |
|
|
|
|
 |
|
ANATOLIE |
|
|
|
|
|
Anatolie
en turc Anadolu, du grec Anatolê (le Levant, l'Orient, c'est-à-dire les pays à l'est de Constantinople)
Cet article fait partie du dossier consacré à la Mésopotamie.
Péninsule occidentale de l'Asie, appelée également Asie Mineure.
GÉOGRAPHIE
Anatolè (« lever du Soleil », d'où « le Levant, l'Orient ») est le nom sous lequel les Byzantins désignaient la partie de leur empire constituée par la péninsule occidentale de l'Asie délimitée au nord par la mer Noire (Pont-Euxin), à l'ouest par la mer de Marmara (Propontide) et la mer Égée, et au sud par la Méditerranée orientale. Cette péninsule, soudée à l'Asie par les chaînes du Caucase, d'Arménie et d'Iran, est séparée de l'Europe par les détroits des Dardanelles (l'Hellespont des Grecs anciens) et du Bosphore. Le nom d'Anatolie (Anadolu) a été repris depuis 1923 par les Turcs pour désigner la partie asiatique de leur État y compris l’Arménie et le Kurdistan (la partie européenne recouvrant le sud-est de l'ancienne Thrace). Il est utilisé par les archéologues qui étudient les premières civilisations de cette région.
Dans un sens plus restreint, l'Anatolie est la partie intérieure de cette péninsule, formée par un haut plateau dont l'altitude est partout supérieure à 800 m et où se dessinent des cuvettes (Afyon, Kayseri), parfois occupées par des lacs salés (Tuz Gölü) ; cette région, steppique dans son ensemble, a été le berceau du peuple turc qui y a fixé sa capitale, Ankara.
Le plateau anatolien est ceinturé d'importants systèmes montagneux : au nord, le long de la mer Noire, l’arc Pontique aux versants érodés par les fleuves tributaires de la mer Noire ; à l'Ouest, quelques chaînons montagneux perpendiculaires au rivage projettent leurs pointements rocheux jusque dans la mer Égée, où ils s'effilent en de nombreuses îles ; au Sud, les chaînes du Taurus et de l'Anti-Taurus s'étirent jusqu'aux montagnes d'Iran, où elles rejoignent l’arc Pontique, constituant un bastion de hautes terres continentales et froides dominées par le cône volcanique de l'Ararat, point culminant de la Turquie (5 165 m).
Le climat de ce haut plateau intérieur est continental : les étés y sont chauds et secs, les hivers rigoureux et les précipitations médiocres et irrégulières. À l'est, en raison de l'altitude, les précipitations plus abondantes permettent la croissance de forêts. Cette Turquie orientale est peuplée par des populations kurdes.
L'Anatolie est avant tout une terre céréalière, tandis que dans les bassins l'irrigation progresse. Longtemps massivement rurale, elle s'urbanise rapidement de nos jours.
HISTOIRE
UNE TERRE DISPUTÉE
L'Anatolie passe à la vie agricole à partir du VIIIe millénaire. Entre 6500 et 5500 avant J.-C., elle possède à Çatal Höyük (Lycaonie) une agglomération villageoise importante (6 000 habitants). À partir du milieu du IVe millénaire s'édifient des forteresses, autour desquelles, en Anatolie centrale (Cappadoce, Lycaonie, Cilicie), se constituent bientôt de petits royaumes. Les premières villes apparaissent avant 2000 avant J.-C.
À partir du xviiie s. avant J.-C., une dynastie des Hittites, peuple indo-européen, unifie le Hatti (Cappadoce) et cherche notamment à assujettir les Hourrites, qui de l'Anti-Taurus ont débordé en Cappadoce orientale et contrôlent de nombreux royaumes en Syrie, Mésopotamie, Anatolie orientale. L'Empire hourrite du Mitanni est ruiné par les Hittites vers 1371-1345 avant J.-C. Mais, vers 1191, les États anatoliens, épuisés par les guerres, sont ruinés par les Peuples de la Mer. Ceux-ci font place à des groupes guerriers qui s'installent sur les ruines des cités.
Des États « néo-hittites » occupent la Cilicie et la région du Taurus. Ils sont annexés par l'Assyrie, qui les a attaqués à partir du ixe siècle avant J.-C. À l'est, des descendants ou parents des Hourrites forment le grand royaume de l'Ourartou (vers 870-600). Au centre de l'Anatolie, les Phrygiens constituent vers le milieu du viiie siècle un État puissant, ruiné par les Cimmériens (début du viie s. avant J.-C.). Ceux-ci s'en prennent ensuite, et en vain, aux Lydiens, dont le royaume tente, après celui des Phrygiens, de dominer toute l'Anatolie. Mais les Lydiens se heurtent aux Mèdes et doivent accepter avec eux une frontière commune (585 avant J.-C.).
UNE TERRE OCCUPÉE
Le Perse Cyrus met fin à la domination de Crésus, dernier roi des Lydiens (547), après avoir détrôné le roi des Mèdes. La domination des Perses (de 546 à 333 avant J.-C.), après Cyrus, n'est que nominale, laissant le champ libre à l'hellénisme venu des cités grecques de la côte occidentale : l'Anatolie devient l'Asie Mineure.
Occupée par Alexandre le Grand, l’Asie mineure est partagée à sa mort entre ses généraux. Une grande partie de la péninsule passe alors aux mains des Séleucides.
Au iiie siècle, certains États proclament leur indépendance (la Bithynie, le Pont, la Cappadoce), tandis que naissent le royaume de Galatie (fondé par les Galates) et le royaume hellénistique de Pergame (fondé par les Attalides).
Peu à peu, la région est conquise par les Romains et lors du partage de l’Empire romain, elle est intégrée à l’Empire byzantin. Au xie siècle, elle passe sous domination turque avant d’être rattachée à l’Empire ottoman. En 1923, elle fait partie de la nouvelle république de Turquie.
DOCUMENT larousse.fr LIEN |
|
|
|
|
 |
|
LA TERRE |
|
|
|
|
|
Terre
Consulter aussi dans le dictionnaire : terre
Cet article fait partie du dossier consacré au monde et du dossier consacré à l'histoire de la Terre.
Planète du système solaire habitée par l'homme (avec une majuscule).
ASTRONOMIE ET GÉOLOGIE
La Terre est la troisième, par la distance, des huit planètes principales qui tournent autour du Soleil. Cette situation orbitale ainsi que ses caractéristiques de masse concourent à en faire un astre « privilégié » : sa masse lui a permis de retenir une atmosphère suffisamment épaisse, qui la protège du rayonnement solaire ; son éloignement moyen du Soleil autorise la présence de l'eau sous forme liquide, condition impérative au développement de la vie. Car telle est bien l'originalité de la Terre : l'apparition de la vie à sa surface et son expansion dans une couche, la biosphère, inexistante sur les autres planètes du Système solaire.
CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES ET ORBITALES DE LA TERRE
1. LES DONNÉES ASTRONOMIQUES DE LA TERRE
Variations cycliques de la position de la Terre sur son orbite
Prototype des planètes telluriques, la Terre décrit autour du Soleil une orbite elliptique à une distance moyenne de 149,6 millions de km. Le plan de cette orbite est l'écliptique. La Terre tourne aussi autour d'un axe passant par son centre de gravité (axe des pôles). La révolution autour du Soleil (en 365 jours) détermine la durée de l'année, et la rotation autour de l'axe des pôles (en 23 h 56 min), celle du jour, avec ses variations suivant les saisons.
La forme de la Terre est voisine de celle d'une sphère, légèrement aplatie aux pôles. Cette forme est conditionnée essentiellement par les forces de pesanteur auxquelles sont adjointes les actions dues à la rotation, ce qui détermine, en particulier, le géoïde.
La masse de la Terre peut se déduire de l'intensité du champ de pesanteur, de la connaissance de ses dimensions et de la valeur de la constante d'attraction universelle : elle est de 5,98.1024 kg, ce qui correspond à une masse volumique moyenne de 5,52.103 kg/m3, la répartition de cette masse se faisant par couches concentriques.
Parmi les caractères spécifiques de la planète Terre, il faut retenir : l'existence de son satellite naturel, la Lune, qui joue un rôle fondamental dans le phénomène des marées ; la propriété du globe terrestre de posséder un champ magnétique relativement intense (comparé à celui des autres planètes telluriques) qui a subi un grand nombre de renversements au cours de son histoire.
→ paléomagnétisme.
2. L’ÂGE ET L’ORIGINE DE LA TERRE
2.1. LA FORMATION DE LA TERRE
L'âge de la Terre est aujourd'hui estimé à 4,6 milliards d'années. La Terre se serait formée au sein d'une masse gazeuse, avec condensation et décantation progressives (→ accrétion), sous les effets combinés des forces de gravité et des divers processus de transformation énergétique (notamment la libération des énergies de « condensation » gravimétrique et de celles dues aux réactions d'ordre nucléaire).
Ces processus ne sont pas foncièrement différents de ceux que l'on fait intervenir dans la formation de la majorité des objets célestes. La Terre primitive, à très haute température, était sans doute en grande partie à l'état fondu. Dans cette matière en fusion, la gravité a engendré une différenciation entre un noyau très dense et des couches périphériques plus légères, ce qui explique la différence entre la densité moyenne du globe et la densité des roches de surface.
2.2. LA FORMATION DE LA CROÛTE TERRESTRE
Les théories de l'expansion des fonds océaniques et de la tectonique des plaques ont reçu un apport expérimental concret par la mise en évidence (depuis les années 1960) du rôle fondamental joué par les dorsales océaniques. Celles-ci sont le résultat d'un épanchement continu d'un magma sous-jacent, de caractère basaltique, qui, en se déversant de part et d'autre, reforme sans cesse de nouveaux fonds marins et repousse les fonds anciens.
Ce modèle rend bien compte de la faible épaisseur de la croûte terrestre, formée majoritairement de silice et d'alumine et dont la densité est de l'ordre de 2,7, par contraste avec les couches plus profondes, principalement du manteau, plus riche en magnésium, fer, etc., et plus dense, de l'ordre de 3,3 sous les océans.
Pour en savoir plus, voir l'article géologie.
La question des âges, périodes ou ères géologiques relève de la stratigraphie et de la géochronologie. En effet, reconstituer l'histoire de la Terre exige de dater les événements enregistrés dans les roches. Les datations peuvent être relatives et permettent de comparer deux roches ou situer un événement par rapport à un autre. Mais il faut aussi connaître l'âge absolu. La radiochronologie, fondée sur la radioactivité naturelle et la loi de décroissance radioactive des radionucléides, permet de donner un âge aux formations géologiques (→ ères géologiques). La combinaison des datations relatives et absolues a conduit à l'élaboration de l'échelle stratigraphique qui sert de référence aux études géologiques.
Pour en savoir plus, voir l'article histoire de la Terre.
3. LA STRUCTURE DE LA TERRE
La Terre est une succession de couches, solides, liquide et gazeuse, plus ou moins emboîtées.
L'enveloppe gazeuse constitue l'atmosphère, formée d'éléments légers volatils, qui proviennent du dégazage du globe solide.
L'enveloppe liquide, ou hydrosphère, comprend l'ensemble des mers, océans, rivières et glaciers, banquise ; sa composition moyenne est pratiquement celle de l'eau de mer (→ eau).
Les couches solides sont, en proportion de leur masse, les plus importantes. Schématiquement, la partie solide de la Terre se divise en trois zones concentriques qui sont : la croûte, le manteau (subdivisé en manteau supérieur et manteau inférieur) et le noyau (subdivisé en noyau externe et noyau interne ou graine).
Ces résultats sont déduits principalement de l'interprétation des observations sur la propagation des ondes sismiques (→ sismologie), renforcée par de puissants moyens informatiques qui permettent aujourd'hui de réaliser des tomographies sismiques. On fait aussi appel à des méthodes gravimétriques, géothermiques, magnétiques et électromagnétiques, etc., sans oublier les données géologiques.
3.1. LA CROÛTE TERRESTRE
De toutes ces zones, la croûte est à la fois la zone la plus connue et la moins connue de par sa complexité et sa variabilité. Globalement, on distingue : la croûte continentale, de 30 à 40 km d'épaisseur environ (atteignant 75 km parfois, sous les montagnes), comprenant des roches sédimentaires ou métamorphiques sur quelques kilomètres, « posées » sur une couche de type granitique ; la croûte océanique, d'environ 5 à 10 km d'épaisseur, composée en majorité de basalte. Le passage de la croûte au manteau se situe le long de la discontinuité de Mohorovičić (ou moho), liée à une variation brusque de vitesse des ondes sismiques la traversant, qui est considérée comme enveloppant le manteau d'une façon continue.
3.2. LE MANTEAU TERRESTRE
Sous cette discontinuité, le manteau s'étend jusqu'à une profondeur de 2 900 km environ. La viscosité des solides qui constituent le manteau terrestre conduit à de gigantesques mouvements de convection. La base du manteau est limitée par la discontinuité de Gutenberg. Le fait marquant à ce niveau est la disparition des ondes sismiques de cisaillement, montrant le passage de matériaux solides à un noyau fluide.
3.3. LE NOYAU
Le noyau se divise en noyau externe, fluide, jusqu'à une profondeur de 5 100 km, et noyau interne, solide, appelé graine, de 1 250 km d’épaisseur, où règne une température comprise entre 3 800 et 5 500 °C selon la profondeur. Le noyau externe, de 2 225 km d’épaisseur, composé en majorité de fer en fusion, serait le siège de phénomènes convectifs à l'origine du champ magnétique terrestre.
3.4. AUTRE DÉCOUPAGE
À cette décomposition de nature chimique et minéralogique se superpose une décomposition de nature physique qui traduit un changement de l'état cristallin de la matière. Ce découpage est le suivant :
– la lithosphère, enveloppe externe rigide pouvant atteindre 100 km d'épaisseur sous les continents (c'est la zone mise en jeu dans la théorie de la tectonique des plaques) ;
– l'asthénosphère, marquée par une faible résistance mécanique due à un état visqueux des matériaux la composant, jusqu'à 350 à 400 km de profondeur environ ;
– la mésosphère, rigide dans sa partie haute jusqu'à 650 km environ.
Pour en savoir plus, voir l'article géologie.
4. LE CHAMP MAGNÉTIQUE TERRESTRE
La Terre est affectée d'un champ magnétique dont l'axe est légèrement décalé (11,5°) par rapport à l'axe de rotation de la Terre. Le magnétisme est provoqué par le mouvement du magma métallique dans le noyau externe liquide qui tourne autour du noyau interne solide. Il n’est pas dû au fer qui compose le noyau. Ces mouvements font que le globe terrestre se comporte comme si un énorme aimant droit était placé en son centre.
→ géomagnétisme.
Cependant, les lignes de force magnétiques ne se développent pas symétriquement dans l'espace d'un pôle à l'autre : les sondes spatiales ont ainsi établi que la zone d'influence de ce champ dans l'espace est limitée par une frontière, la magnétopause, sur laquelle viennent buter les particules chargées qu'émet, en permanence, le Soleil.
Le champ magnétique terrestre présente également des variations à court terme (de l'ordre de la journée, du mois ou de l'année) de faible intensité (0,1 % du champ total), qui sont provoquées par des perturbations dans la magnétosphère (par exemple, les aurores polaires). Il existe aussi des variations séculaires, voire carrément des inversions du champ. Ces dernières sont notamment enregistrées par les roches éruptives durant leur refroidissement (aimantation thermorémanente).
La cartographie précise de la direction d'aimantation enregistrée par ces roches permet de dresser des cartes de la dérive des continents, de la dérive apparente des pôles, de l'expansion du plancher des océans, et d'étalonner les successions stratigraphiques de sédiments par référence aux données paléomagnétiques successives qui y ont été enregistrées sur une même verticale, donc dans le temps (magnétostratigraphie).
Pour en savoir plus, voir les articles géochimie, géologie, géophysique, roche.
DOCUMENT larousse.fr LIEN |
|
|
|
|
 |
|
JOURNALISME |
|
|
|
|
|
journalisme
Consulter aussi dans le dictionnaire : journalisme
Cet article fait partie du dossier consacré à l'information.
Ensemble des activités se rapportant à la rédaction d'un journal ou à tout autre organe de presse écrite ou audiovisuelle (collecte, sélection, mise en forme de l'information) ; profession du journaliste.
HISTOIRE
La façon de concevoir et de rédiger un journal aujourd'hui s'inscrit dans des traditions d'écriture propres à chaque culture. Ainsi, la presse française a la réputation d'être plus littéraire que la presse anglo-saxonne : elle serait moins marquée par l'obligation de séparer l'information du commentaire, et priserait davantage l'art de la polémique, l'habileté de l'interprétation, le bon mot « qui tue ». Les canons du journalisme britannique s'illustrent par cette formule d'un rédacteur en chef du Manchester Guardian : « Les commentaires sont libres ; les faits, eux, sont sacrés. » Avec The Times – entreprise créée en 1785 –, la presse de Londres a développé l'archétype du journal de qualité et de référence, dont l'indépendance financière garantit la liberté d'expression.
LA TRADITION AMÉRICAINE
Les journalistes américains, pour leur part, se réclament d'une tradition de liberté absolue de la presse, véritable « quatrième pouvoir ». Dès 1791, en effet, la jeune démocratie américaine a adopté, comme premier amendement à sa Constitution, une formule interdisant au Congrès de voter toute loi restreignant la liberté de parole ou de presse. Aujourd'hui, ce texte est toujours invoqué par les journalistes dits « d'investigation » et par les éditorialistes qui, ne mâchant pas leurs mots, critiquent le pouvoir exécutif ou toute autre autorité.
Aux États-Unis se développe, au xixe s., dans les villes nouvelles où arrivent des immigrés de toute l'Europe, une presse à sensation, un journalisme populaire, friand de « coups », au sein desquels des mégalomanes et des hommes d'affaires côtoient des directeurs de journaux respectés. Le quatrième pouvoir incite par exemple l'opinion à faire pression sur le président McKinley pour qu'il déclare la guerre à l'Espagne, puissance coloniale à Cuba, en 1898. Le magnat de la presse William Randolph Hearst (1863-1951) aurait tenu ces propos à un photographe qu'il envoyait dans l'île : « Vous, vous me fournissez en photos, moi, je vous fournis la guerre. » La puissance et les excès de cette presse ont été dépeints et mythifiés dans le film d'Orson Welles, Citizen Kane (1941), dont Hearst fournit le modèle.
Cette tradition d’un journalisme d'investigation « sans peur et sans reproche » se perpétue dans les décennies suivantes. De 1972 à 1974, une enquête menée par Carl Bernstein et Robert Woodward, du Washington Post, avec le soutien du directeur de la rédaction, Ben Bradlee, et de la propriétaire du journal, Katharine Graham, démontre les abus de pouvoir commis par le président en exercice, Richard Nixon, lequel finit par démissionner en août 1974. Le rôle de la presse dans le scandale du Watergate sera célébré dans le film d'Alan J. Pakula (1928 -1998), les Hommes du président, en 1976.
LA TRADITION FRANÇAISE
Les journalistes français célèbrent également le reportage, les faits observés de visu et in situ avant d'être analysés et commentés. Ils se réclament d'une tradition de l'observateur engagé qui remonte au Victor Hugo des Choses vues, voire aux chroniqueurs du Moyen Âge. Cette tradition du reportage à la française, conciliant la plume de l'écrivain et le professionnalisme du dénicheur d'information, s'est véritablement constituée au début du xxe s., avec Gaston Leroux (1868-1927) et Albert Londres (1884-1932). Le premier, entré comme chroniqueur judiciaire au Matin vers 1894, fait des reportages remarqués en Russie, en Chine et en Tunisie, avant de devenir auteur de romans feuilletons pour l'Illustration ; il publie ainsi Chéri-Bibi, le Fantôme de l'Opéra et créa le personnage de Rouletabille, reporter globe-trotter, héros populaire de plusieurs de ses feuilletons. Albert Londres pratique quant à lui une forme de reportage subjectif, mêlant observations et notations très personnelles, n'hésitant pas à prendre parti. Accusé d'avoir introduit au Matin « le microbe de la littérature », il affirme : « Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus que de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » Baptisé « prince des reporters », il connut une grande notoriété, et chaque année un prix Albert-Londres, la plus haute distinction professionnelle, est décerné à un journaliste français.
De nos jours, le journalisme d'investigation – ou d'enquête – a également ses praticiens distingués en France. En 1985, deux journalistes du Monde démontrent les insuffisances du rapport officiel – minimisant le rôle des forces françaises – dans l'affaire du Rainbow Warrior : le bateau des écologistes de Greenpeace « aurait été coulé par une troisième équipe de militaires français ». L'un de ces journalistes sera même mis sur écoutes par les services de l'Élysée. La France connaît périodiquement des affaires analogues, mais de résonance plus réduite, à celle du Watergate, déclenchées le plus souvent par l'hebdomadaire satirique le Canard enchaîné.
TENDANCES CONTEMPORAINES
Les frais que nécessitent les enquêtes approfondies rebutent souvent les rédactions, au point que certains journalistes américains affirment qu'il serait aujourd'hui impossible à un journal de financer une enquête aussi lourde que celle du Watergate. Les médias généralistes tendent à lui préférer l'« information divertissement » (infotainment), l'« information service » ou l'« information faire-valoir ». Les journalistes des médias grand public sont pris dans la contradiction de souhaiter garder une distanciation critique et de devoir suivre la tendance privilégiant l'« info spectacle ».
Hubert Beuve-Méry, ancien directeur du Monde, affirmait : « La radio annonce l'événement, la télévision le montre, la presse l'explique. » Depuis longtemps, en effet, la fonction d'éditorialiste-commentateur est davantage prisée dans certaines rédactions de la presse écrite que celle de reporter. Les écoles de journalisme et les agences de presse luttent cependant pour que les journalistes débutants apprennent d'abord les rudiments du métier qui touchent aux procédés de collecte et de mise en forme de l'information dite « de fait brut » (hard news). Quant aux journalistes multimédias, formés depuis que les moyens audiovisuels d'information se sont banalisés et ont proliféré, ils apprennent avant tout à « faire court » : il leur faut savoir identifier et exprimer l'essentiel.
HISTOIRE DU PHOTOJOURNALISME
PREMIERS « SCOOPS »
Les photographies documentaires de l'Anglais Roger Fenton pendant la guerre de Crimée (1854-1856), de Mathew Brady et de son équipe au cours de la guerre de Sécession (1861-1865) comptent parmi les premières tentatives d'enregistrement photographique d'événements historiques. Par la suite, grâce à un procédé de gravure manuelle, on put restituer une image approchée des photos et les reproduire en série dans des journaux : les magazines américains, notamment, firent un usage intensif de clichés spectaculaires, montrant des catastrophes naturelles ou des pays exotiques. En 1880 parut dans le New York Graphic la première reproduction d'une photographie au moyen d'une trame mécanique. La première rotative en héliogravure devint opérationnelle en Grande-Bretagne en 1890. En France, l'Excelsior – quotidien lancé en 1910 par Pierre Lafitte – s'efforça d'adapter une formule illustrée qui réussissait alors en Angleterre (Daily Mirror, 1903) et en Allemagne ; il ne parvint pas, toutefois, à atteindre une clientèle populaire. En revanche, le Petit Parisien, quotidien à grand tirage, commença à publier des photos-portraits de coureurs cyclistes à l'époque du premier Tour de France (1903).
Devenues dans la presse un passage obligé à partir des premières années du siècle – notamment dans les suppléments dominicaux –, les photographies restaient, dans une large mesure, figées et statiques. Les photographes étaient exclus des champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Cependant, lorsque l'envoyé spécial Albert Londres rendit compte en 1914 du bombardement de la cathédrale de Reims par les Allemands, il était accompagné d'un photographe. Londres commenta ainsi son reportage : « Les photographies ne vous diront pas son état. Les photographies ne donnent pas le teint du mort. »
Au milieu des années 1920, de petits appareils portables, comme le Leica 33 mm, arrivèrent sur le marché. Dotés d'un objectif qui permettait des temps de pose très courts, ces appareils se prêtèrent ensuite à l'utilisation de films à développement rapide. À partir de 1925, le bélinographe permit la transmission des photos à distance ; le recours à ce procédé de transmission télégraphique et téléphonique – mis au point par le Français Édouard Belin (1876-1963) – donna l'occasion à Paris-Soir de réaliser un « scoop » resté célèbre : le 9 octobre 1934 le quotidien parvint à sortir une édition spéciale où figurait la photo, prise à Marseille à peine une heure plus tôt, du roi Alexandre de Yougoslavie et du ministre français des Affaires étrangères assassinés. Dès lors, le photographe put faire office de reporter, et présenter des récits imagés si éloquents que le texte en devenait presque superflu, les mots ne servant plus qu'à mettre un nom sur des personnes ou des lieux.
ESSOR DU PHOTOJOURNALISME
Le photojournalisme prit son essor. En France, en 1928, Lucien Vogel lança Vu, un hebdomadaire d'information entièrement illustré de photographies. Les quotidiens eux-mêmes, tel Paris-Soir, furent bientôt conçus pour être vus autant que lus, avec une mise en pages aguicheuse. Certains des photographes européens qui s'étaient distingués dans cette nouvelle presse périodique – Erich Salomon, Alfred Eisenstaedt, André Kertész, parmi d'autres – émigrèrent aux États-Unis, où ils entrèrent à Life et à Look, magazines illustrés fondés respectivement en 1936 et en 1937. Ces titres – tout comme Picture Post en Angleterre – connurent des tirages élevés, avant de péricliter après que la télévision eut banalisé les images d'actualité. D'autres surent se moderniser : ainsi, Paris-Match, hebdomadaire fondé en 1949 par Jean Prouvost (qui avait racheté Paris-Soir en 1930), retrouva le succès sous le contrôle de Daniel Filipacchi, avec pour devise : « Le poids des mots, le choc des photos. »
Au cours des années 1930, les photos de la guerre civile espagnole prises par le Hongrois Robert Capa et le Français Henri Cartier-Bresson marquèrent les esprits. « La photo est une petite arme pour changer le monde », déclara Cartier-Bresson. Ces deux photographes novateurs fondèrent, avec d'autres, l'agence Magnum en 1947. Avec la Seconde Guerre mondiale, puis avec la guerre froide, on prit pleinement conscience du fait que le photojournalisme permettait tout à la fois d'enregistrer, de mettre en scène, de démontrer – et aussi de manipuler – l'information. En France, ce fut l'image de Pétain serrant la main de Hitler à Montoire, en octobre 1940, qui marqua les esprits, bien plus que les commentaires qui l'accompagnèrent.
Après 1945, le photojournalisme s'internationalisa encore davantage, à la mesure des conflits qu'il eut à couvrir, en Afrique, au Viêt-nam ou ailleurs. Dans les années 1960 et 1970, des agences spécialisées dans la photographie d'actualité se créèrent, à Paris essentiellement (Gamma, Sipa, Sygma). En trois ans et sept reportages chocs, Gilles Caron lança l'agence Gamma, couvrit la guerre israélo-arabe des Six-Jours (1967), immortalisa les événements de mai 1968, étonna ses confrères par sa prescience et son ubiquité… avant de disparaître au Cambodge en 1970.
DOCUMENT larousse.fr LIEN |
|
|
|
|
Page : [ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 ] Précédente - Suivante |
|
|
|
|
|
|