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L'HITOIRE DE PARIS

 


HISTOIRE DE PARIS


1. De l'occupation romaine au Moyen Âge
Naissance d'une capitale (ve-ixe siècle)
2. Du xe au xve siècle
La capitale du royaume capétien
La vie religieuse
La vie économique
La vie intellectuelle
La plus grande ville de France
Pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453)
La première ville d'Europe après Constantinople
3. Paris au xvie siècle
De la Renaissance...
... aux guerres de Religion
4. De Henri IV à Louis XVI (xviie  et xviiie s.)
Le déploiement d'un Paris monumental
Quelques efforts d'aménagements urbains
Un foyer culturel rayonnant
5. Paris révolutionnaire
La rupture entre la capitale et le roi
Violences populaires
Sans-culottes contre bourgeoisie
6. Du premier au second Empire
D'importants travaux urbains
De grandes inégalités selon les quartiers
7. Paris, métropole moderne
Une transformation sans précédent sous Haussmann
Le développement économique sous la IIIe République
Au cœur de la Seconde Guerre mondiale
Ces dernières décennies
LE RÉGIME ADMINISTRATIF DE PARIS AUJOUD'HUI
Les conseils d'arrondissement
Voir plus
histoire de Paris
La place Royale, à Paris
Le pilier des NautesLe pilier des Nautes
Paris doit son nom à la tribu gauloise des Parisii, mais l’emplacement précis du site gaulois fait encore l’objet d’hypothèses. Jules César, dans la Guerre des Gaules, le récit qu’il fait de ses campagnes entre 58 et 51 av. J.-C., le situe « sur une île de la Seine ». Cependant, si l’on a bien trouvé à Paris des vestiges de la période romaine, notamment du tout début de l’ère chrétienne, aucune trace antérieure d’une cité gauloise n’y a été mise au jour malgré de nombreuses fouilles archéologiques. En revanche, c’est à Nanterre, à l’ouest du site de Paris et pas sur une île, que d’importants vestiges pré-romains ont été récemment découverts...
Quoi qu’il en soit, c’est bien dans l’espace aujourd’hui occupé par Paris – en particulier rive gauche, sur la montagne Sainte-Geneviève, et sur l’île de la Cité – qu’est établie, entourée de forêts et de marécages, la modeste cité gallo-romaine appelée Lutèce.
1. De l'occupation romaine au Moyen Âge

Le christianisme apparaît dans ces bourgades du Bassin parisien vers le milieu du iiie siècle (saint Denis est décapité en 258). À la suite des premières invasions germaniques, l'île de la Cité sert de refuge, derrière un rempart construit avec les pierres de monuments de la rive gauche, qui sera réoccupée dès le ive siècle. Le futur empereur Julien séjourne à Lutèce (356) où il est proclamé auguste par ses troupes (360). Au ve siècle, lors de l'invasion des Huns d'Attila, la population veut fuir, mais sainte Geneviève la retient. Lutèce s'appelle alors Paris.
Naissance d'une capitale (ve-ixe siècle)

Le roi des Francs, Clovis (481 ou 482-511), fait de Paris sa capitale, qui connaît alors un intense rayonnement religieux, autour du noyau de la Cité, où Childebert Ier fait construire la cathédrale Saint-Étienne. Sur la rive droite s'élèvent des prieurés et des abbayes qui colonisent le Marais (Saint-Gervais-Saint Protais, Saint-Merri, Saint-Martin-des-Champs).
Sur la rive gauche, Childebert Ier fonde Sainte-Croix-Saint-Vincent, la future abbaye Saint-Germain-des-Prés. Cependant, le partage de la succession de Clovis réduit Paris au rôle de capitale partielle.
Sous la conduite du comte Eudes, ancêtre des Capétiens, et de l'évêque Gozlin, les Parisiens résistent aux Normands qui les assiègent (885-886). Délivré de la menace extérieure, Paris s'étend dans la campagne avoisinante. Autour des abbayes, les champs sont défrichés ; des bourgs peuplés d'artisans et de commerçants se développent sous la protection de leur clocher.
2. Du xe au xve siècle

La capitale du royaume capétien

Par ses comtes, devenus ducs, Paris fournit à la France la dynastie capétienne. Désormais, la ville devient sans conteste la capitale du royaume et grandit en même temps que le pouvoir royal. Si, par la présence de la Cour, par l'attrait qu'elle exerce sur le royaume, la royauté capétienne enrichit la bourgeoisie parisienne, elle n'en garde pas moins en main l'administration de sa capitale (Paris n'aura jamais de charte communale) par l'intermédiaire du prévôt royal, ou prévôt de Paris, qui, sous Saint Louis (xiiie siècle), devient un simple fonctionnaire royal.
À cette même époque apparaît une administration municipale distincte, issue du Parloir aux bourgeois, sous la direction d'un prévôt des marchands. Saint Louis charge le prévôt royal Étienne Boileau de réunir et codifier les règlements qui régissent les diverses communautés de métiers (Livre des métiers, 1268).
Sous Charles V, la ville est divisée en 16 quartiers, administrés par un quartenier, élu par 4 cinquanteniers et 16 dizeniers ; les 16 quarteniers élisent le prévôt des marchands, qui devient de ce fait chef de la municipalité.
La vie religieuse

Portail central de Notre-DamePortail central de Notre-Dame
L'élément religieux joue un rôle essentiel dans le développement topographique de Paris, les monastères donnant naissance à des bourgs ensuite intégrés dans le réseau des voies : bourgs Saint-Germain-des-Prés, Sainte-Geneviève, Saint-Victor et Saint-Marcel, Saint-Germain-l'Auxerrois et du Temple. Le centre religieux reste cependant l'île de la Cité, avec la cathédrale Notre-Dame, reconstruite à partir de 1163, et une quinzaine de paroisses.
La vie économique

Malgré l'existence de marchés sur l'île de la Cité et d'un « bourg du Petit Pont » sur la rive gauche, la vie économique, subissant l'attraction de l'Europe du Nord, se concentre assez vite sur la rive droite, longée par le principal courant du fleuve et pourvue d'une grève entre de solides « monceaux », Saint-Gervais et Saint-Merri. Le premier grand marché s'y installe au xie siècle, et plusieurs métiers (bouchers, puis drapiers, etc.) quittent la Cité pour « l'Outre Grand Pont ».
Vers 1136-1138, Louis VI déplace le marché de Grève aux Champeaux ; Philippe Auguste y transfère le marché Saint-Ladre, créant le vaste « Marché-le-Roi ». En 1183 s'y élèvent les premiers pavillons des Halles.
La vie intellectuelle

Philippe II AugustePhilippe II Auguste
La vie intellectuelle naît dans l'île de la Cité, avec l'école épiscopale de Notre-Dame. Mais, au xiie siècle, les maîtres passent sur la rive gauche : Guillaume de Champeaux (installé en 1108 près de Saint-Victor), Abélard, saint Bernard.
Au xiiie siècle, ils forment un syndicat (Universitas), qui se donne des règles, approuvées en 1215 par le pape Innocent III. Les étudiants, affluant de tous les pays (entre 4 000 et 10 000), logent dans maisons et cloîtres ou, pour les plus pauvres, dans des collèges. En 1253, le roi Saint Louis accorde à son confesseur, Robert de Sorbon, la fondation d'un collège, origine lointaine de la Sorbonne.
Si l'on distingue habituellement la Ville, marchande, la Cité, royale et l'Université de Paris, seule la rive gauche a une fonction bien déterminée, les éléments politiques, religieux et économiques étant moins nettement localisés.
La plus grande ville de France

Construction de la Bastille en présence de Charles VConstruction de la Bastille en présence de Charles V
Le développement considérable de la ville est bien marqué par les enceintes qui l'entourent successivement, après le rempart de la Cité au iiie siècle. En 1190, Philippe Auguste décide d'enclore Paris, comme les autres villes royales. Le mur, bâti d'abord sur la rive droite, appuyé sur le nouveau château du Louvre, puis sur la rive gauche (avant 1210), englobe 253 hectares. Peu après 1364, Charles V fait reconstruire l'enceinte de la rive droite, la Seine étant barrée par des chaînes. Vers 1370, les six nouvelles portes, dont la célèbre Bastille (porte Saint-Antoine), sont achevées.
Paris à la fin du XIVe siècleParis à la fin du XIVe siècle
Avec une superficie de 438 hectares, Paris est la plus grande ville de France. Deux ponts traversent la Seine : en aval, le Pont-au-Change, ou Grand Pont, vers le Châtelet et les Halles, domaine des changeurs et orfèvres, prolongé sur le petit bras par le pont Saint-Michel ; en amont, le pont Notre-Dame et le Petit Pont, vers le Petit Châtelet et la rue Saint-Jacques. Philippe Auguste entreprend la construction de quais (quais des Augustins) et le pavage des voies les plus importantes.
Au xive siècle, existent trois fontaines publiques et, en 1374, est créé le premier égout, à ciel ouvert.
Pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453)

Étienne MarcelÉtienne Marcel
Le développement de la capitale, que ne ralentissent pas les guerres, joint à l'affaiblissement du pouvoir royal dû au conflit franco-anglais (→ guerre de Cent Ans), pousse la bourgeoisie à jouer un rôle politique. Le prévôt des marchands Étienne Marcel conduit la révolte contre le Dauphin (1356-1358). Aux effets de la guerre s'ajoutent les révoltes des maillotins (1382) et de la Caboche (1413). Paris appuie les Bourguignons contre les Armagnacs et le roi. L'Université reconnaît même le traité de Troyes (21 mai 1420), qui fait du roi d'Angleterre Henri V un roi de France.
Le marasme économique et le sentiment national qui s'éveille font revenir la population à son roi légitime (reprise de Paris par Charles VII, 1436). Toutefois, les derniers Capétiens directs hésitent à y séjourner. Louis XI n'y vient que pour empêcher les grands seigneurs féodaux de s'en emparer (1465).
La première ville d'Europe après Constantinople

La paix revenue, Paris retrouve son rôle de capitale d'un royaume unifié. Dans la seconde moitié du xve siècle les constructions reprennent. Paris, qui avait plus de 100 000 habitants au début du xive siècle, mais a subi ensuite un fort déclin, connaît alors une forte poussée démographique (200 000 habitants), qui en fait la première ville d'Europe après Constantinople.
Les grandes épidémies cessent et l'attrait de la grande ville alimente un courant continu d'émigration. Le marché de consommation parisienne et les capitaux accumulés par le négoce aiguillonnent l'activité économique des campagnes. C'est l'époque du Paris grouillant de vie dépeint par le poète François Villon.
3. Paris au xvie siècle

De la Renaissance...

Plan de Paris au XVIe sièclePlan de Paris au XVIe siècle
Paris joue un rôle important dans le développement de la Renaissance. L'imprimerie, introduite à la fin du xve siècle, y prend un essor incomparable, avec Henri Estienne. François Ier accueille à sa cour des savants (Ambroise Paré, Bernard Palissy), des lettrés et des artistes. Il confie à Guillaume Budé la Bibliothèque royale, fonde le Collège de France, tandis que les poètes se réunissent, au collège de Coqueret, autour de Dorat et Ronsard.
Paris, un temps abandonné pour les châteaux de la Loire, redevient la résidence habituelle du roi et de la Cour. Aux pouvoirs royal et municipal s'ajoute maintenant celui du parlement.

Le Pont-Neuf (projet), à ParisLe Pont-Neuf (projet), à Paris
La ville est en pleine extension et déborde l'enceinte, malgré les ordonnances royales consécutives aux guerres contre Espagnols et partisans de l'Empereur germanique. Henri II décide la construction d'une nouvelle muraille. Seule, celle de la rive droite (dite des Fossés jaunes) est réalisée, en partie et sous Louis XIII.
Un nouveau pont est établi à la pointe de la Cité, le Pont-Neuf (1578), le premier prévu sans maisons dessus. Sa construction entraîne la création de la place Dauphine (1607) et d'un nouveau quartier sur la rive gauche. Dans cette ville, qui atteint de 300 000 à 400 000 habitants, de grands efforts sont faits pour améliorer le confort autant que l'esthétique : essais d'éclairage, nettoyage des rues, etc.
... aux guerres de Religion

Procession des partisans de la Sainte LigueProcession des partisans de la Sainte Ligue
Mais Paris subit les effets des guerres de Religion : exécution d'Étienne Dolet (1546) et d'Anne Du Bourg (1559), massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572). Paris, hostile à la Réforme, soutient la Ligue. Celle-ci, sous la bannière d'Henri de Guise et aidée par l'argent espagnol, organise une journée des Barricades (1588), qui force le roi à fuir. À l'annonce de l'assassinat d'Henri de Guise (décembre 1588), Paris se soulève. Le « conseil des Seize », formé des délégués des seize quartiers, prononce la déchéance d'Henri III, bientôt assassiné par un moine ligueur (août 1589).
Contre l'hérétique Henri IV, la Ligue convoque à Paris des états généraux, afin de désigner un souverain catholique, et s'entend avec Philippe II d'Espagne. Mais l'abjuration d'Henri IV (juillet 1593 : « Paris vaut bien une messe »), la lassitude de la bourgeoisie et un sursaut national contre l'Espagne ouvrent au roi béarnais les portes de Paris.
4. De Henri IV à Louis XVI (xviie  et xviiie s.)

Le Pont-Neuf, à ParisLe Pont-Neuf, à Paris
Les rois successifs, et même Louis XIV, s'intéressent au développement et à l'urbanisme de leur capitale. Certains prévôts des marchands jouent un rôle influent, comme François Miron ou Michel Turgot (1729-1740), promoteur du célèbre « plan de Paris » de Bretez. En 1667 est créée la charge de lieutenant de police ; dans le cadre de ces fonctions, La Reynie impose notamment l'éclairage des rues de Paris.
La ville ayant débordé l'enceinte de Charles V, l'enceinte dite « des Fossés jaunes », entreprise en 1556, est en partie construite par Louis XIII.
Mais, en 1670, Paris devient une ville ouverte, les murailles laissent place à des cours plantés, avec des arcs de triomphe. En 1702, divisée en vingt quartiers, Paris voit son périmètre borné, pour des raisons fiscales (octroi). Un mur, dit « des Fermiers généraux », est élevé à partir de 1784, muni de pavillons par l'architecte Claude Nicolas Ledoux. À la veille de la Révolution, la ville comprend près de 500 000 habitants.
Le déploiement d'un Paris monumental

La place Royale, à ParisLa place Royale, à Paris
Les initiatives privées s'ajoutant aux « embellissements » royaux, la ville achève de s'urbaniser. Sur la rive droite, autour de la place Royale (actuelle place des Vosges, par l'architecte Louis Métezeau), se développe le quartier résidentiel du Marais. Au-delà du quartier à la fois résidentiel et commerçant du Louvre, la place des Victoires (créée par le maréchal de La Feuillade avec l'architecte Jules Hardouin-Mansart) et la place Louis-le-Grand (par Louvois, avec le même architecte) s'insèrent dans les nouveaux quartiers Richelieu et Saint-Honoré.
Au-delà des Boulevards, la place Louis XV (actuelle place de la Concorde) est aménagée pour la statue du roi à partir de 1754 (architecte Jacques-Ange Gabriel). Le quartier du Roule est à la mode sous Louis XV ; celui des Porcherons sous Louis XVI (autour de la Chaussée-d'Antin, ouverte dès 1721) ; le faubourg Poissonnière se développe à la veille de la Révolution. L'île Saint-Louis, dite alors Notre-Dame, est lotie à partir de 1614, sur l'initiative de Christophe Marie.

Palais du LuxembourgPalais du Luxembourg
La rive gauche est un peu délaissée, mais les faubourgs se développent ; la ville s'étend vers l'ouest, avec l'installation de Marie de Médicis au Luxembourg, la vogue du faubourg Saint-Germain, la construction des Invalides et de l'École militaire.
La vie de la Cour et l'essor donné aux affaires profitent à toute la population parisienne, jusqu'aux « faquins » des ports. Mais, au milieu du xviie siècle, la ville subit la conjoncture de baisse générale des prix jointe aux effets de la guerre. Mazarin est rendu responsable des taxes nouvelles levées à Paris (édit du Toisé, 1644 ; édit du Tarif et édits bursaux, 1646-1648). L'arrestation du conseiller au parlement de Paris, Pierre Broussel, que son opposition aux mesures fiscales de Mazarin ont rendu populaire, provoque une journée des Barricades (26 août 1648). C'est la Fronde parlementaire. Mais la ville ne s'intéresse pas à la Fronde des princes qui lui succède (bataille du faubourg Saint-Antoine, 2 juillet 1652) et accueille le retour du roi, le tout jeune Louis XIV.
Quelques efforts d'aménagements urbains

Les TuileriesLes Tuileries
Certains quartiers, surpeuplés, sont dangereux et une partie de la population reste misérable, malgré des initiatives généreuses, comme celle d'un saint Vincent de Paul. Pourtant, le confort urbain et l'hygiène s'améliorent peu à peu, avec la multiplication des fontaines, la création des pompes, la réfection des égouts. Les rues, souvent pavées, éclairées et nettoyées, sont pourvues d'écriteaux aux carrefours (1728) ; le numérotage des maisons est entrepris en 1775. Des trottoirs apparaissent. Les transports en commun sont autorisés dès 1666. L'approvisionnement est amélioré, par l'aménagement de ports et le déplacement de plusieurs halles. Outre de grandes avenues-promenades, des jardins sont ouverts au public, celui des Tuileries dès le xvie s., puis ceux de l'Infante (Louvre), du Luxembourg, du Palais-Royal. Le Jardin des Plantes est créé en 1635.
Un foyer culturel rayonnant

Louis XV enfant se rend au Parlement de Paris après la mort de Louis XIVLouis XV enfant se rend au Parlement de Paris après la mort de Louis XIV
Malgré la résidence du roi à Versailles, Paris reste le théâtre de grandes fêtes royales et municipales : entrées royales (1660), réception d'ambassadeurs (tel celui de Perse, en 1683), publications de paix, Te Deum et feux d'artifices pour les naissances et mariages princiers, etc. Paris, foyer de l'esprit et de l'élégance, règne sur l'Europe. Tous les grands noms du temps se retrouvent dans ses salons. On se dispute ses artistes, ses ébénistes (Boulle, Cressent), ses orfèvres, ses porcelainiers, ses glaciers de Saint-Gobain, ses philosophes et ses savants.
Depuis Paris, centre du mouvement philosophique, depuis ses cafés (Procope) et ses clubs (de l'Entresol) se propagent les idées nouvelles autour de l'Encyclopédie. Le cosmopolitisme de la capitale y assure aussi le succès des grands aventuriers (Cagliostro, Mesmer, Casanova).
5. Paris révolutionnaire

À ce point de son rayonnement et de son rôle central dans la vie du pays, Paris ne peut que jouer un rôle essentiel dans la révolution de 1789.
La rupture entre la capitale et le roi

Jean-François Janinet, Prise de la Bastille par les gardes françaises et les bourgeois de ParisJean-François Janinet, Prise de la Bastille par les gardes françaises et les bourgeois de Paris
Dès avant la réunion des états généraux (mai-juin 1789) éclatent des émeutes (faubourg Saint-Antoine, 28 avril), qui se multiplient avec le renvoi par le roi de son ministre Necker, au début de juillet : pillage du Garde-Meuble et des Invalides, prise de la Bastille, 13 et 14 juillet. Cependant s'est constitué un comité permanent des électeurs (des 60 districts parisiens), pour contrôler la municipalité, et qui organise une milice bourgeoise. Le 17 juillet, Louis XVI vient à Paris et reçoit de la nouvelle municipalité la cocarde tricolore. Mais, la situation se dégrade (raréfaction des denrées, hausse des prix, chômage), et un incident, le banquet des gardes du corps, provoque les journées des 5 et 6 octobre : le roi et sa famille, qui résident à Versailles, sont ramenés de force à Paris.
Malgré l'euphorie de la fête de la Fédération (14 juillet 1790), la fuite du roi (20-21 juin 1791) puis la fusillade du Champ-de-Mars (17 juillet) signent la fracture entre la capitale et le roi. Désormais, face à l'Assemblée, Paris accentue le mouvement révolutionnaire. Les clubs (surtout Jacobins et Cordeliers) dominent l'Assemblée législative, tandis que les 48 sections, qui remplacent les 60 districts électoraux, pèsent sur les décisions de la municipalité.
Violences populaires

Prise des TuileriesPrise des Tuileries
Peu à peu naît dans les milieux populaires un état d'esprit égalitaire, avide de réalisations immédiates, le « sans-culottisme », qui s'infiltre dans les sections (printemps de 1792) et joue un rôle impulsif et violent. Au chant du Ça ira et de la Carmagnole, les sans-culottes de Saint-Antoine et de Saint-Marceau mènent l'assaut des Tuileries (10 août). Avec la guerre (contre la Prusse et l'empereur d'Autriche), le fossé se creuse encore davantage entre la Commune de Paris, jacobine, et l'Assemblée alors plutôt girondine. Pour se venger des revers aux frontières, les sans-culottes organisent des massacres de suspects (septembre 1792), puis ils se tournent contre les brissotins de la Convention, qui veulent réduire Paris à « 1/83 d'influence ». Quand Isnard, alors président de l'Assemblée, menace d'anéantissement la capitale si l'émeute continue (« Bientôt on chercherait sur les rives de la Seine si Paris a existé »), Paris répond par la journée du 2 juin 1793, qui entraîne la chute des Girondins et la formation d'un gouvernement révolutionnaire appuyé sur les sociétés populaires.
Pourtant, après la période de Terreur et de dictature de guerre, les sections, divisées, lasses et mécontentes de la condamnation des chefs cordeliers (mars-avril 1794), ne soutiennent plus Robespierre, qui est éliminé (juillet 1794 [thermidor an II]), et laissent se développer la réaction thermidorienne bourgeoise.
Sans-culottes contre bourgeoisie

La dépréciation de la monnaie et la hausse vertigineuse des prix liée à la pénurie réduisent les sociétés populaires à des réactions désordonnées et vaines ; elles consomment la rupture, au sein du tiers état, entre la bourgeoisie et les sans-culottes (12 germinal, 1er prairial an III). En même temps le Paris bourgeois connaît, après la tourmente, une détente brutale : modes extravagantes et mœurs légères s'étalent dans la ville, dont le cadre a peu changé pendant la Révolution.
Les 48 sections sont remplacées par 12 municipalités, divisées chacune en 4 quartiers.
6. Du premier au second Empire

Louis Léopold Boilly, l'Arrivée d'une diligence dans la cour des MessageriesLouis Léopold Boilly, l'Arrivée d'une diligence dans la cour des Messageries
Napoléon Ier, reprenant la tradition de la monarchie, se préoccupe de l'embellissement de sa capitale : percement de la rue de Rivoli, avec son caractère monumental, commencement de la place du Châtelet, perspectives monumentales comme la place de l'Étoile, etc., sont à mettre à son actif. L'architecture, sous la direction de Percier et de Pierre Fontaine, porte la marque de l'antique (arcs de triomphe, façade du palais Bourbon, Madeleine, colonne Vendôme
D'importants travaux urbains

L'Empereur s'intéresse aussi aux travaux d'utilité publique (ponts, quais, hôpitaux, halles au blé et au vin, abattoirs), soit directement, soit par l'intermédiaire des préfets de la Seine (Frochot) et de police (Dubois), dont il fait les tuteurs de la capitale (28 pluviôse an VIII, 14 février 1800). Dès 1801, Paris a dépassé 500 000 habitants (Londres : 1 million). En 1811, la ville est découpée en 12 arrondissements et 48 quartiers, issus des divisions révolutionnaires.

Louis Léopold Boilly, l'AverseLouis Léopold Boilly, l'Averse
Après la chute de Napoléon Ier, de 1815 à 1848, sous l'impulsion des préfets Chabrol (1812-1830) et Rambuteau (1833-1848), naissent de nouveaux quartiers, avec leur église et, au-delà de l'enceinte des Fermiers-Généraux, croissent les villages. En 1841-1845, ils sont enfermés dans une nouvelle enceinte (dite de Thiers), mais sans faire partie de Paris. De nouvelles rues sont percées, les travaux entrepris sous l'Empire sont achevés, la place de la Concorde remaniée. Les premières gares apparaissent (Saint-Lazare, 1843).
De grandes inégalités selon les quartiers

Une loge à l'opéraUne loge à l'opéra
Cependant la croissance de la ville est beaucoup trop rapide (714 000 habitants en 1817, 1 million en 1846) et, tandis que, faisant entrer la ville dans l'ère industrielle, la bourgeoisie s'enrichit, le début de l'exode rural vient augmenter la masse des ouvriers, artisans et boutiquiers.
Un déséquilibre se crée entre les beaux quartiers de l'Ouest et les rues et maisons plus ou moins sordides de l'Est, où les mauvaises communications, les conditions de logement et le manque d'hygiène entraînent des épidémies (choléra, 1832) ; la criminalité augmente, ainsi que la prostitution, les suicides (comme l'évoqueront les Misérables de Victor Hugo, ou les Mystères de Paris d'Eugène Sue).

Attaque du Louvre en juillet 1830Attaque du Louvre en juillet 1830
Paris, qui a quelque peu perdu sa prééminence politique, est secoué par les révoltes de juillet 1830, puis de février et juin 1848 (→ révolution française de 1848), qui ramènent provisoirement la conjonction de la bourgeoisie et du peuple parisien.
7. Paris, métropole moderne

Une transformation sans précédent sous Haussmann

Paris, le plan Haussmann
Paris, le plan Haussmann
Paris, le plan HaussmannEugène Atget, une rue du vieux Paris
Sous le second Empire, Paris acquiert, pour l'essentiel, sa physionomie actuelle. Napoléon III joue un rôle prépondérant, secondé par le baron Haussmann, qui partage ses vues : améliorer les conditions de vie dans la capitale, embellir la ville par des perspectives et l'ordonnance architecturale, créer enfin des voies dites stratégiques, facilitant le déplacement des troupes vers les frontières du nord et de l'est (rue La Fayette). Ainsi sont réalisées les grandes percées du centre, l'axe nord-sud (boulevards Saint-Michel et Sébastopol) et l'axe est-ouest (rue de Rivoli, avenue Daumesnil), les Grands Boulevards, le boulevard Saint-Germain et les boulevards extérieurs, et aménagées de grandes places autour des monuments.
Claude Monet, la Gare Saint-Lazare
Claude Monet, la Gare Saint-Lazare
Claude Monet, la Gare Saint-LazarePont Alexandre IIILes Halles de Paris
La ville devient une métropole moderne, avec le dégagement et l'agrandissement des gares, l'établissement de nouveaux ponts, la construction ou la réfection des abattoirs, des Halles centrales et de marchés d'arrondissement, des hôpitaux, l'installation du chemin de fer de ceinture, la création de la Compagnie des omnibus, l'éclairage au gaz, l'amélioration de la distribution de l'eau et la multiplication des égouts (par Belgrand), et l'aménagement d'espaces verts (Buttes-Chaumont, parc de Montsouris, bois de Boulogne et de Vincennes, squares de quartiers, par Alphand). Les communes enfermées dans l'enceinte de Thiers sont annexées à la ville (janvier 1860), qui est divisée en 20 arrondissements.
Après la chute de l'Empire (4 septembre 1870), le blocus et la capitulation de Paris (28 janvier 1871), la Commune soulève la ville (mars-mai 1871).
Le développement économique sous la IIIe République

La tour Eiffel en constructionLa tour Eiffel en construction
La IIIe République est, pour Paris, l'ère de la prospérité économique. Tandis que l'épisode boulangiste (→ Georges Boulanger) montre un Paris devenu nationaliste (1889), les questions politiques passent au second plan, au profit d'un développement économique que jalonnent les expositions universelles : 1878, 1889 (tour Eiffel, qui marque le triomphe du fer), 1900 (« modern style » et premier métropolitain). Paris bénéficie des aménagements liés aux jeux Olympiques d'été qu'elle accueille en 1900 et en 1924. La ville profite également de l'exode rural et passe de 1 800 000 habitants en 1871 à 2 540 000 en 1896. L'urbanisme vit sur les données d'Haussmann et complète son œuvre.
Bombardement de ParisBombardement de Paris
Au début de la Première Guerre mondiale, Paris, défendu par Joseph Gallieni, gouverneur militaire de la capitale, est menacé par l'aile droite allemande lors de son avance vers la Marne. Le gouvernement s'installe à Bordeaux du 2 septembre au 25 novembre. L'armée de Paris contribue avec tous ses moyens (taxis de la Marne) à la manœuvre victorieuse de Joffre. La capitale subit, surtout en 1918, de nombreux bombardements allemands, par dirigeables (zeppelin), avions (Gotha) et canons (→ Bertha).
Pour en savoir plus, voir l'article Première Guerre mondiale.
Dans l'entre-deux-guerres, Paris déborde sa dernière enceinte. Les fortifications sont démolies (1919) et remplacées par des constructions et quelques jardins. Autour de Paris croît une zone de banlieue tentaculaire, tandis que la population de la ville tend à se stabiliser. Les quartiers se spécialisent ainsi que la banlieue : le Sud (après 1928, loi Loucheur et Ribault) devient résidentiel, tandis que dans le Nord et sur la Seine s'implantent les grosses industries. La notion de « région parisienne » apparaît.
Au cœur de la Seconde Guerre mondiale

Libération de Paris
Libération de Paris
Libération de ParisCharles de Gaulle, commémoration, 1990
En 1940, après le départ du gouvernement pour Tours (10 juin), Paris, déclaré « ville ouverte », n'est pas défendue ; les Allemands y font leur entrée le 14 juin. Ils y fixent le commandement militaire de la France occupée. La Gestapo exerce ses rigueurs sur la population. De nombreuses arrestations suivies de déportations sont opérées à Paris (rafle du Vél'd'Hiv en juillet 1942). D'autre part, les faubourgs, qui ont été bombardés par la Luftwaffe le 3 juin 1940, subissent de sérieux dommages du fait de l'aviation alliée (21 avril 1944).
Dès le début de 1941, des groupements de résistance s'organisent dans la capitale, bientôt fédérés par le Conseil national de la Résistance, qui se réunit à Paris le 15 mars 1944. Les troupes victorieuses du général américain Patton et du général Leclerc atteignent Dreux et Chartres le 17 août ; sous l'impulsion de la Résistance intérieure, l'insurrection éclate dans la capitale le 19, soutenue par la police municipale et, le 24, les blindés de Leclerc sont à la porte d'Italie. Le commandant allemand de Paris, Dietrich von Choltitz, se rend à Leclerc le 25 août à la gare Montparnasse – sans avoir exécuté l'ordre d'Hitler de détruire la ville. Le lendemain, le général de Gaulle entre à Paris et y installe le gouvernement le 31 (→ Libération de Paris).
Pour en savoir plus, voir l'article Seconde Guerre mondiale.
Ces dernières décennies

Barricade de la rue d'Ulm, devant l'École normale supérieureBarricade de la rue d'Ulm, devant l'École normale supérieure
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Paris  a encore été le témoin sinon l'acteur d'événements importants. Ainsi, la guerre d'Algérie est à l'origine du massacre du 17 octobre 1961 et de la tragédie de la station de métro Charonne, où, le 8 février 1962, une manifestation contre l'OAS (Organisation armée secrète) est sévèrement réprimée.
Quelques années plus tard, en mai 1968, la révolte étudiante partie du campus de Nanterre gagne rapidement Paris, où les manifestations connaissent leur plus grande ampleur.
Sur le plan de la physionomie urbaine, d'importants aménagements sont engagés sous la présidence de Georges Pompidou, complétés par les grands travaux réalisés sous celle de François Mitterrand. Le pays en paix, la capitale politique de la France peut se consacrer à son rôle de ville mondiale.
→ architecture et patrimoine de Paris.
Pour en savoir plus, voir les articles Paris aujourd'hui, France : vie politique depuis 1958.
LE RÉGIME ADMINISTRATIF DE PARIS AUJOUD'HUI

L'Hôtel deVille de ParisL'Hôtel deVille de Paris
Paris a été longtemps doté d'un régime administratif particulier, les fonctions de maire étant réparties entre le président du conseil municipal et les préfets de police et de la Seine, ce dernier devenu préfet de Paris en 1964, lors de l'éclatement des départements de la région parisienne.
Depuis la loi du 31 décembre 1975, la ville de Paris est une collectivité territoriale, à la fois commune et département. Elle est administrée par le maire de Paris et le Conseil de Paris ; mais la loi du 31 décembre 1982 relative à l'organisation administrative de Paris, Lyon et Marseille a modifié les attributions du maire de Paris en décentralisant la gestion communale au profit de conseils d'arrondissement.
Élu par le Conseil de Paris pour 6 ans, le maire de Paris prépare et exécute les décisions du Conseil, à la fois au titre de sa nature communale et de sa nature départementale (depuis la loi de décentralisation du 2 mars 1982). Il dispose à cet effet des services municipaux de la mairie de Paris et des mairies annexes. Il peut déléguer ses fonctions locales à des adjoints qui sont élus comme le maire lors de la première séance du Conseil de Paris. Il est privé du pouvoir de police administrative, traditionnellement réservé au préfet de police (maintien de l'ordre et sécurité publique), mais exerce les pouvoirs de police anciennement dévolus au préfet de la Seine et au préfet de Paris (petite voirie, entretien des édifices communaux, etc.).
Il est agent de l'État au titre de l'état civil (compétence qu'il peut déléguer aux conseillers de chaque arrondissement) et officier de police judiciaire.
Les conseils d'arrondissement

Institués par la loi du 31 décembre 1982, les conseils d’arrondissement sont composés de conseillers municipaux et de conseillers d'arrondissement élus au suffrage universel. Ils siègent dans chaque arrondissement de Paris. Présidés par le maire d'arrondissement, élu par le conseil d'arrondissement parmi les membres du conseil municipal, les conseils d'arrondissement peuvent saisir le maire ou le conseil municipal de toute affaire intéressant l'arrondissement et émettre des vœux en la matière. Il est lui-même saisi pour avis des rapports et projets concernant en tout ou partie l'arrondissement et gère certains équipements à caractère social et éducatif.


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SAINT-PÉTERSBOURG

 

Saint-Pétersbourg
de 1914 à 1924 Petrograd et de 1924 à 1991 Leningrad
Saint-Pétersbourg


Ville de Russie, à l'embouchure de la Neva, chef-lieu de l'arrondissement fédéral Nord-Ouest.
Population : 4 848 742 hab. (recensement de 2010)
GÉOGRAPHIE

La ville de Pierre le Grand

Saint-Pétersbourg est la deuxième agglomération de la Russie après celle de Moscou, l'une des grandes villes mondiales et, parmi les capitales européennes, l'une des plus récentes. Elle offre également un exemple caractéristique d'une création de toutes pièces. L'histoire date sa fondation de mai 1703. Pierre Ier le Grand, en lutte contre l'armée et la marine suédoises, décide de construire une ville au fond du golfe de Finlande, là même où s'élevait un fortin suédois, non loin de l'embouchure de la Neva. Gagnée par les Russes, la guerre du Nord aboutit à la conquête définitive du littoral baltique. La première forteresse russe, appelée « Pierre-et-Paul », construite sous la menace de l'artillerie ennemie, est protégée quelques années plus tard par celle de Kronchtadt, construite sur l'île de Kotline, au point où le golfe n'a qu'une vingtaine de kilomètres de large. Saint-Pétersbourg devient la capitale de la Russie en 1713 ; une académie navale y est fondée en 1718, et une académie des sciences en 1725. Cette année-là la ville compte déjà 75 000 habitants. De cette époque restent le plan et le site primitif, la forteresse Pierre-et-Paul, la « maisonnette » de l'empereur, les premières marques d'un urbanisme de prestige.
La position géographique est favorable aux échanges extérieurs, mais le site, imposé par les circonstances, présente les plus graves inconvénients. Le golfe de Finlande est dominé vers le sud par une côte, ou cuesta, le glint, qui domine une dépression dans laquelle se jette la Neva, émissaire du lac Ladoga, par un delta complexe, divisé en de nombreuses îles de taille variée et inondé lors de la débâcle. Il a fallu drainer les terres, construire les fameux parapets faits de blocs de granité apportés de loin sur des péniches, abattre la forêt marécageuse et dessoucher, creuser des canaux de drainage et de nouvelles voies d'eau qui découpent de nouvelles îles, jeter des ponts (l'agglomération actuelle en compte plus de 600), édifier les premiers bâtiments sur des pilotis, importer des briques de Hollande, puis fonder les premières briqueteries et tuileries.
L'urbanisme monumental a bien tiré parti de ces conditions. La ville contemporaine reste celle du xviiie s. et présente tous les caractères d'une capitale de prestige. L'ensemble s'ordonne en fonction du bassin des bras anastomosés de la Neva (la Grande et la Petite Nevka, la Grande et la Petite Neva), isolant les îles dites Aptekarski (« des Pharmaciens ») et Vassilievski ; puis il rayonne vers le sud et le sud-est à partir de l'ensemble monumental formé, sur la rive gauche de la Grande Neva, par l'Amirauté et l'Ermitage, dessinant des avenues (prospekt) qui traversent quatre canaux semi-circulaires unissant la Neva en amont de son embouchure à l'est au port et à la Grande Neva à l'ouest : successivement la Moïka, le Griboïedov, la Fontanka (le plus large, le plus régulier) et enfin l'Obvodnyï ; ce dernier canal, en grande partie rectiligne, est le plus long, et limite vers le sud le centre de la ville. La perspective la plus longue, la Nevski, est aussi la plus célèbre. Ainsi s'est modelée une ville planifiée, faite pour la Cour, œuvre de Pierre le Grand, poursuivie par Catherine II. Elle apparaît comme la ville des eaux, si bien qu'on a pu la comparer à Venise.
La capitale

Château de Peterhof, près de Saint-Pétersbourg.Château de Peterhof, près de Saint-Pétersbourg.
Saint-Pétersbourg compte déjà 150 000 habitants à l'avènement de Catherine II (1762) et 400 000 (deux fois plus que Moscou) au moment de l'incendie de Moscou (1812). Pétersbourg est la résidence du tsar. Elle s'entoure de parcs et de châteaux : Tsarskoïe Selo (le « village de l'empereur »), Peterhof (aujourd'hui Petrodvorets). Les souverains sont ensevelis dans la forteresse Pierre-et-Paul. Un commerce et un artisanat de luxe, liés aux besoins de la Cour, se développent. De ce rôle de capitale, la ville a gardé les monuments les plus prestigieux, édifiés et décorés par des artistes étrangers, surtout italiens. On y compte une cinquantaine de musées, une vingtaine de théâtres, et la vie culturelle y reste au moins aussi développée qu'à Moscou. Fondée en 1819, l'université est aujourd'hui la deuxième de Russie après celle de Moscou. Elle groupe de nombreuses facultés, quarante grandes écoles et un grand nombre d'instituts de recherche. Saint-Pétersbourg reste la ville de l'innovation technique, de la mode, de la production de qualité et même de luxe : sa « maison de la fourrure » est fréquentée chaque année par des négociants étrangers. Le travail de la soie, du cuir, du verre, la fabrication de meubles, l'optique et la mécanique de précision restent développés.
La ville du Nord

Par sa position, la ville est considérée comme une capitale du nord des pays russes. Sous le 60e parallèle, elle est déjà une ville septentrionale, ce qui se marque moins par la rigueur des températures de l'hiver, adouci par les dépressions de la Baltique, que par la hauteur de la couche de neige, la durée de l'embâcle de la Neva, la prise de son port par les glaces et surtout la longueur des nuits d'hiver, qui imposent une forte dépense d'électricité : la contrepartie en sont les délices des « nuits blanches » du solstice d'été, au cours desquelles la ville ne dort pas. Les changements et les contrastes de saisons entraînent des activités nouvelles, dynamiques (sport de glace, baignades dans les eaux glacées, célébration des saisons), qui sont l'occasion d'autant de fêtes, plus brillantes qu'à Moscou.
Saint-Pétersbourg est également la ville du Nord par la spécialisation de ses activités intellectuelles. Son université rassemble les étudiants du nord de la Russie et est orientée vers l'étude des problèmes du Nord ; ainsi ont été créés une section de recherche ethnologique pour l'étude des peuples hyperboréens, un institut pédagogique qui a fourni les premiers instituteurs, un institut linguistique et ethnographique des peuples de Sibérie…
Saint-Pétersbourg est devenue non seulement la capitale de la province (oblast) qui porte son nom, mais aussi celle de la « grande région économique » dite « du Nord-Ouest », qui s'étend jusqu'aux rivages de la mer Blanche et de la mer de Barents à l'Oural. À ce titre, elle rassemble les organismes chargés de l'exploitation des régions nordiques : administrations des ressources minières de la péninsule de Kola et des régions de la Petchora, laboratoires de recherche pour les expéditions polaires et la « route maritime du Nord ». Elle commande donc une région très dynamique.
La fenêtre sur l'Occident

Dans une position périphérique par rapport à la vieille Russie, la ville – maritime et opposée à la terrienne Moscou – est demeurée un grand port : les installations s'étendent au débouché de la Grande Neva sur le fond du golfe de Finlande, à la fois sur l'île de Goutouïev et sur celle de Vassiliev, dont les prospekt, anciennes laies forestières, orthogonales, s'ordonnent en fonction des quais. Le port militaire s'est maintenu, en particulier sur l'île de Kronchtadt. Le trafic du port de commerce est composé surtout de bois et de minerais destinés à l'exportation. Le port de voyageurs est devenu une escale importante des croisières de plus en plus nombreuses organisées par les pays occidentaux.
La ville reste, beaucoup plus que Moscou, plus que les autres ports de la Russie, largement ouverte vers l'Europe occidentale. Les mœurs et les techniques de l'Europe furent introduites en Russie par Saint-Pétersbourg. De nombreuses denrées finlandaises importées sont vendues dans les boutiques de la ville. Les étrangers, hommes d'affaires ou touristes, y viennent nombreux. Saint-Pétersbourg a été choisie comme capitale mondiale du mouvement des villes jumelées (elle est jumelée à vingt-cinq autres villes, dont les ports d'Anvers et du Havre). Des congrès et des colloques internationaux s'y tiennent fréquemment. Ainsi apparaît-elle comme une ville plus dynamique, plus ouverte que Moscou. Elle préfigure l'évolution de l'ensemble de la Russie. La culture, la mode (il y a une maison de haute couture), la qualité de la vie y sont plus imprégnées du reste de l'Europe qu'à Moscou. Le taux de motorisation y est plus élevé.
Ainsi Saint-Pétersbourg est-elle la plus extérieure, la plus étrangère des villes russes ; seule, sans doute, Odessa peut lui être comparée.
Le dernier siècle

Saint-Pétersbourg fut la ville de la Révolution précisément parce qu'elle était la ville de la Cour et la ville en rapport avec l'Europe. Des sociétés occidentales y avaient investi des capitaux, implanté des usines, et des compagnies bancaires et d'assurances y avaient établi leur siège. Une classe ouvrière naissante, mais consciente de sa force, bien organisée s'y était développée. La ville connut le « Dimanche rouge » de 1905, et les révolutions de Février et d'Octobre 1917 y éclatèrent. C'est à la gare de Finlande que débarquèrent Lénine et ses compagnons. On suit dans la ville contemporaine toutes les traces, tous les hauts lieux de la révolution bolchevique, pieusement conservés ou transformés en musées : l'Institut Smolnyï, le croiseur Aurore, l'automitrailleuse de marque Renault qui transporta Lénine…
Devenue Petrograd en 1914, Leningrad en 1924 et demeurée la capitale de la Révolution, la ville a dû céder à Moscou, plus centrale, moins exposée, le titre de capitale. Sa population l'emportait encore en 1917 sur celle de sa rivale (2 200 000 hab. contre 1 800 000), mais cette dernière, attirant par ses industries et ses nouvelles fonctions la population rurale des environs, dépassa Saint-Pétersbourg pendant les années 1920. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Saint-Pétersbourg comptait 3 200 000 habitants, 800 000 de moins que la capitale.
Or, la ville a beaucoup plus souffert de la guerre que Moscou. Durant le siège allemand et finlandais, qui dura 900 jours, la population de Saint-Pétersbourg, bombardée sans cesse par l'artillerie ennemie, et coupée du ravitaillement extérieur, qui s'opérait dans des conditions précaires sur le lac Ladoga gelé, a compté plus d'un demi-million de personnes mortes de froid ou de famine. À la libération, en 1944, l'agglomération avait perdu plus d'un million d'habitants et n'a tout juste retrouvé son niveau d'avant guerre qu'au recensement de 1959. Plus du tiers des maisons (10 000 avaient été détruites ou sévèrement endommagées. Le haut lieu de Piskarev, où sont ensevelies les victimes et qui est devenu un musée des souffrances de la ville, exprime tout le martyre des habitants. Une population nouvelle, plus jeune, est venue habiter la ville, et l'on considère qu'il ne reste plus que le quart des anciens habitants ou de leurs descendants. Mais les nouveaux venus se sont fondus dans la population ancienne, et la ville n'a rien perdu de son esprit traditionnel.
La fonction industrielle

Les industries sont d'abord liées à la fonction portuaire. Le chantier de constructions navales Ordjonikidze est un des plus actifs de Russie. Il construit des cargos, des bateaux de pêche et des pétroliers de petit et moyen tonnage, mais aussi de gros chalutiers et des « usines flottantes » qui parcourent les océans sans relâcher dans les ports russes. Il a lancé le premier brise-glace à propulsion nucléaire, le Lénine, employé pour ouvrir le chenal aux convois de la « route maritime du Nord ».
D'autres industries sont liées au trafic portuaire. Ainsi, le quartier du port commercial est le centre des industries travaillant le bois (meubles, cellulose), dont une partie arrive par voie de mer, l'autre par les lacs et la Neva ; les produits élaborés sont en partie exportés vers l'étranger.
Les matières premières de la presqu'île de Kola alimentent les industries de transformation de la partie septentrionale de l'agglomération. Ainsi, les apatites du massif de Khibiny alimentent le combinat Nevski, qui fabrique des superphosphates, et la néphéline une usine d'aluminium.
La métallurgie est née du port militaire, de l'arsenal de Kronchtadt. On sait que les ouvriers de l'usine Poutilov s'étaient portés à l'avant-garde de la Révolution. Devenue « Kirov », l'entreprise livre des machines d'extraction minière et de l'équipement pour les usines métallurgiques. Les tracteurs de forte puissance employés dans les régions polaires sont fabriqués par une autre entreprise. Elektrossila a fourni des turbines de grande taille, d'abord pour les centrales établies dans la région, sur le Volkhov, ensuite pour les grands ouvrages construits sur la Volga et les fleuves sibériens.
Enfin, plus que Moscou, Saint-Pétersbourg concentre des activités récentes, de qualité et même de luxe, destinées à la consommation urbaine, aux laboratoires de recherche, à l'industrie aéronautique et spatiale, dont une partie de la production est exportée. C'est grâce à la production de la ville que la région du Nord-Ouest assure le cinquième de la production russes des téléviseurs, le tiers de celle des moteurs électriques. L'optique, la mécanique de précision, l'appareillage électroménager, la photographie et le cinéma, l'appareillage téléphonique, les machines-outils pour l'équipement des industries alimentaires et textiles, l'imprimerie et tout ce qui intéresse l'édition, la fabrication de bicyclettes et de motocyclettes sont des secteurs caractéristiques (d'où est exclue toutefois l'automobile, initialement monopolisée par Moscou). Tous imposent un niveau supérieur de technicité, une formation professionnelle poussée des cadres et de la main-d'œuvre. Tous utilisent des quantités relativement faibles de matières premières et livrent des produits de valeur. Tous, enfin, exigent une grande quantité d'énergie ; celle-ci était fournie déjà avant la Révolution par de grosses centrales thermiques recevant du charbon importé par le port ; elle l'est depuis les premiers plans quinquennaux par les centrales hydrauliques du Volkhov et par les centrales construites au terminus du gazoduc venant de Moscou et de Stavropol, et dont l'accroissement de capacité doit permettre le développement d'une nouvelle catégorie d'industries, textiles synthétiques et matières plastiques. La ville joue donc un rôle d'avant-garde dans toutes les branches industrielles, à l'exception de l'industrie lourde.
L'extension de l'agglomération

L'ensemble du territoire de la ville, qui couvre plus de 320 km2, tend à dépasser largement les limites de la ville « historique ». Le centre prend peu à peu le caractère d'une ville-musée et, pour la perspective Nevski, d'une city, où se concentrent bureaux et commerces. Les îles sont consacrées aux espaces verts, aux loisirs (parc Kirov) et au port. Vers le nord, les usines et les ensembles résidentiels qui les entourent tendent à se fondre dans la taïga. Au sud, l'extension se fait le long des voies ferrées et des routes, sous la forme de longs faubourgs, comme le Moskovski, le « faubourg de Moscou ». De nouveaux quartiers remplacent les médiocres quartiers détruits durant la guerre. Un combinat de matériaux préfabriqués, situé près d'un grand espace vert, le « parc de la Victoire », contribue à la progression rapide de l'urbanisation. Mais en dehors des voies de communication subsistent encore des espaces vides. La campagne commence de façon brutale. À ce titre, Saint-Pétersbourg, au contraire de Moscou, est une ville sans banlieue proche.
L'extension de l'agglomération avait posé dès avant 1941 le problème des communications, bien qu'on se soit toujours efforcé de ne pas dissocier lieu de résidence et lieu de travail. Une partie des migrants « pendulaires », si ce n'est la majorité, utilise la voie ferrée. Les grandes gares pénètrent soit jusqu'au bord de la Neva, sur sa rive droite (gare de Finlande), soit à l'extrémité de la Nevski (gare de Moscou), ou enfin, pour le sud, jusqu'au canal Obvodnyï (gares de la Baltique et de Varsovie). La construction d'un métro aussi luxueux que celui de Moscou avait commencé avant la dernière guerre. Deux lignes se croisent à peu près au centre de la ville, et l'on envisage le creusement d'une troisième ligne et d'une rocade. Enfin, les trolleybus, dont le faisceau de lignes se noue sur la Nevski, facilitent les mouvements migratoires. Il est caractéristique que ceux-ci sont moins développés que dans d'autres agglomérations russes : la ville compte moins de 20 p. 100 de sa population active recensée dans les villes dites « spoutnik » (satellites) contre 36 p. 100 à Moscou.
Saint-Pétersbourg et sa région

Il est difficile de définir les caractères et les limites de ce qui serait, par analogie avec Moscou, un « grand Saint-Pétersbourg ». Les autres localités de la région sont de petite taille. Ce sont des centres industriels, animés par l'électricité hydraulique ou la batellerie du système de la Neva, qui unit le port de Saint-Pétersbourg au lac Ladoga (ainsi Kirovsk, Petrokrepost) ; des centres de culture maraîchère et d'élevage laitier pour le ravitaillement de l'agglomération (le long de la route de Moscou, au bord du littoral, dans les clairières de la taïga, où se dispersent aussi scieries et industries du bois) ; des villes-musées, anciens lieux de résidence des tsars (Petrodvorets, Pouchkine, mont Poulkovo [site d'un observatoire], qui sont devenus des localités de datcha ou des lieux de récréation pour la population de Saint-Pétersbourg. En revanche, le port semble paralyser tout développement d'une activité maritime d'importance, au moins jusqu'à la frontière de l'Estonie, au sud, et jusqu'aux abords de Vyborg, au nord. Il semble donc que la ville exerce une action efficace plus sur l'ensemble de sa grande région économique que sur son arrière-pays immédiat. Ce développement relativement limité peut s'expliquer par la perte du rôle de capitale aussi bien que par la modestie, sur le plan international, des activités portuaires. C'est bien pourquoi le sort de la ville dépend étroitement de la politique d'ouverture de la Russie et en particulier de l'élargissement de ses relations avec l'Occident par la voie baltique.
Le climat

Le climat de Saint-Pétersbourg est tempéré de transition, avec des précipitations modérées (559 mm par an), qui tombent surtout en été, et des températures qui oscillent entre 18 °C en juillet et − 8 °C en janvier et février, pour une moyenne annuelle de 4,5 °C.
L'HISTOIRE DE SAINT-PÉTERSBOURG

Appelée parfois la « Venise du Nord » à cause de ses nombreux canaux et de ses quelque 600 ponts, Saint-Pétersbourg est, parmi les métropoles européennes, l'une des plus récentes. Elle offre également un exemple caractéristique d'une création de toutes pièces. L'embouchure de la Neva, peuplée par des Ingriens ou Ijores, est conquise en 1703 par Pierre le Grand, qui veut doter la Russie d'une fenêtre sur l'Europe et d'un port sur la Baltique. La première pierre de la future Saint-Pétersbourg est posée en mai 1703. Dès 1712, Saint-Pétersbourg devient la capitale de la Russie. Elle s'enrichit de nombreux édifices sous Élisabeth Petrovna et Catherine II, et acquiert sous Nicolas Ier la majestueuse physionomie qu'elle a gardée.
À la fin du xviiie s., la ville compte 220 000 habitants environ. Elle assure la majeure partie du commerce extérieur russe (exportation des lingots de fer vers l'Angleterre) et est, avec Kronchtadt, le principal port militaire. Grande ville industrielle (textile, construction navale et mécanique), elle se développe rapidement dans la seconde moitié du xixe s. (usines Poutilov, Nobel, Oboukhov). Elle offre le contraste de ses palais et hôtels aristocratiques, le long des canaux et de la Neva, et de ses faubourgs ouvriers misérables. En 1897, elle compte 1 297 000 habitants, dont 150 000 ouvriers.
Saint-Pétersbourg, qui avait été le théâtre de l'insurrection décembriste (1825), joue un rôle décisif dans les révolutions de 1905 et de 1917. La ville, rebaptisée Petrograd en 1914, est le siège du gouvernement provisoire (mars-octobre 1917) puis du soviet des commissaires du peuple (Sovnarkom) constitué en octobre-novembre 1917 sous la présidence de Lénine. Lors de l'offensive allemande de mars 1918, le Sovnarkom s'établit à Moscou, qui redevient la capitale de la Russie. Menacée par Ioudenitch (1919), ruinée par les destructions de la révolution et de la guerre civile ainsi que par la famine de 1921, la ville se reconstruit et se développe. Elle prend le nom de Leningrad en 1924. Les luttes politiques y sont particulièrement vives et meurtrières à l'époque stalinienne, notamment au sein du comité urbain du parti communiste, présidé successivement par Zinoviev (1921-1926), Kirov (1926-1934) et Jdanov (1934-1948), à la mort duquel une dernière purge y sera organisée en 1949.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Leningrad est investie dès septembre 1941, au sud, par la Wehrmacht, qui prend Schlüsselburg le 8, et, au nord-ouest, par les troupes finlandaises, en Carélie. Une seule voie ferrée, établie sur le lac Ladoga pris par les glaces, la relie à l'intérieur. Ce blocus n'est brisé qu'en janvier 1943 (réoccupation de Schlüsselburg), mais les Allemands ne seront repoussés à 250 km de la cité que lors de l'offensive soviétique du 13 janvier 1944.
En 1991, la ville reprend son ancien nom de Saint-Pétersbourg.
L'ART À SAINT-PÉTERSBOURG

« Fenêtre ouverte sur l'Europe », selon le dessein de son fondateur, la ville de Pierre le Grand occupe, précisément par son caractère européen, une place tout à fait à part dans l'architecture urbaine russe. En outre, son plan géométrique, son unité architecturale et le réseau des canaux qui la traverse contribuent à lui donner un cachet particulier.
En 1709, le tsar créa une « chancellerie des constructions » qui, chargée de proposer des modèles d'édifices, devait veiller à ce que la ville ne se développât pas de façon anarchique, mais au contraire selon un plan bien ordonné. Pierre le Grand, comme par la suite ses successeurs, fit appel à des architectes étrangers, et la plupart des monuments de la cité sont l'œuvre d'Italiens et de Français.
Les premiers bâtiments de la ville furent édifiés en style pseudo-classique par le Tessinois Domenico Trezzini (1670-1734). Plus tard, sous le règne d'Elisabeth Petrovna (1741-1762), triomphe le style baroque : l'Italien Bartolomeo Francesco Rastrelli embellit la ville d'édifices aux façades richement décorées, peintes en vert tendre ou bleu pâle. Sous Catherine II, avec la fondation de l'académie des Beaux-Arts qui exerça une influence dominante sur l'art et l'architecture russes jusqu'au milieu du xixe s., le style baroque est remplacé par le style classique, qu'illustrent les œuvres des Italiens Antonio Rinaldi (1709-1790) et Giacomo Quarenghi (1744-1817), et du Français Jean-Baptiste Michel Vallin de La Mothe (1729-1800). Sous Alexandre Ier (1801-1825) se répand le style Empire avec l'Italien Carlo Rossi (1775-1849), le Français Thomas de Thomon (1754-1813) et les Russes Andreï Nikiforovitch Voronikhine (1759-1814) et Adrian Dmitrievitch Zakharov (1761-1811). À partir du milieu du xixe s., la construction se ralentit et l'on ne bâtit plus que des édifices isolés, parfois assez lourds et s'harmonisant mal avec l'architecture des périodes antérieures.
La forteresse, berceau de la ville, est due à Trezzini, qui y construisit en style hollandais la cathédrale Pierre-et-Paul (1712-1721), refaite en 1750 par Rastrelli. Mais c'est le palais d'Hiver (1754-1762), avec les édifices qui l'entourent, qui imprime à la ville son caractère dominant. Les façades, vert clair et richement décorées, sont l'œuvre de Rastrelli ; l'intérieur fut refait par Vassili Petrovitch Stassov (1769-1848) sous Nicolas Ier. Pour abriter les collections impériales, noyau de l'immense musée actuel, Vallin de La Mothe construisit le Petit Ermitage (1764-1767), que Velten prolongea par le Vieil Ermitage (1775-1784), édifice qui se trouve séparé par un canal du théâtre de l'Ermitage, bâti par Quarenghi en style Empire (1783-1787) ; au-delà se dresse le Nouvel Ermitage (1839-1852), décoré d'immenses atlantes de granite. La place du Palais, avec au centre la colonne Alexandrine, élevée en 1834 par Auguste Ricard de Montferrand (1786-1858) est bordée par les bâtiments de l'État-Major (1819-1847), reliés par un arc de triomphe au ministère des Finances et des Affaires étrangères, œuvre maîtresse de Carlo Rossi. Plus en aval s'élève l'Amirauté, édifice de 1704 reconstruit en style Empire par Zakharov et que domine une tour haute de 70 m avec sa flèche.
Au-delà de l'Amirauté et débouchant sur la rive de la Neva s'étend la place du Sénat (place des Décembristes), bordée par les bâtiments du Sénat et du Synode élevés par Rossi et que relie un arc monumental ; au centre de la place et face au fleuve se dresse la célèbre statue de Pierre le Grand par Falconet. Derrière la place du Sénat, on aperçoit le dôme de la cathédrale Saint-Isaac, construite de 1819 à 1858 par Ricard de Montferrand et qui rappelle Saint-Paul de Londres. Devant l'Amirauté prend naissance une avenue rectiligne de plus de 4 km, l'avenue de la Neva (perspective Nevski). Au début de cette avenue se dresse la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan (1801-1811), imitée par Voronikhine de Saint-Pierre de Rome. Plus loin sur la perspective Nevski, le théâtre Aleksandra (théâtre Pouchkine, 1823-1832) forme, avec les bâtiments de la rue Rossi qui s'étend derrière, un ensemble Empire d'une grande unité, œuvre de Rossi. De l'autre côté de la perspective s'élève, en retrait, un palais construit de 1819 à 1825 par le même architecte pour le grand-duc Michel Pavlovitch (aujourd'hui le Musée russe). Au milieu de la perspective, à l'angle du canal de la Fontanka, se dresse le palais Anitchkov (1741-1750) construit par Rastrelli pour le comte Razoumovski et achevé en 1806 par Quarenghi ; à cet endroit, la perspective Nevski enjambe la Fontanka par le pont Anitchkov, décoré des chevaux de bronze de Peter Jacob Clodt.
La perspective aboutit au grand monastère Alexandre Nevski, que domine la cathédrale de la Trinité commencée en 1716 par Trezzini, puis transformée par Ivan Egorovitch Starov (1743-1808). Au nord du monastère, Rastrelli édifia en style baroque, pour l'impératrice Elisabeth, le couvent Smolnyï, terminé vers 1830 par V. P. Stassov conformément aux projets initiaux ; Quarenghi y éleva pour Catherine II l'Institut Smolnyï, qui servit d'état-major lors des journées d'Octobre.
L'aménagement de la pointe de l'île Basile fut confié à Thomas de Thomon, qui y construisit la Bourse (1805-1810) et deux colonnes rostrales décorées de statues représentant la Volga, le Dniepr, le Volkhov, la Neva. De beaux édifices bordent l'île : le Kunstkammer (1718-1734), reconnaissable à sa tour-lanterne bleutée ; l'académie des sciences (1783-1789), de style classique, œuvre de Quarenghi. On peut encore admirer le palais Menchikov (1710-1716), seul hôtel particulier intact de cette époque, et le bâtiment des Douze-Collèges (1722-1742), de Trezzini, par la suite université.
De nombreuses propriétés furent aménagées dans les environs de la ville. Pierre le Grand rêvait d'avoir son Versailles. En 1715, le Français Alexandre Leblond (1679-1719) lui construisit à Peterhof (Petrodvorets) une résidence d'été, agrandie (1747-1752) par Rastrelli ; dans le parc, agrémenté de fontaines, de cascades et de statues, s'élèvent plusieurs petits palais, comme le château de Marly, celui de Montplaisir, le pavillon de l'Ermitage. À Tsarskoïe Selo (Pouchkine), Rastrelli édifia pour l'impératrice Elisabeth un palais (1752-1761) que Catherine II transforma en résidence d'été ; l'intérieur fut refait en style pompéien par l'Écossais Charles Cameron (vers 1740-1812). Quarenghi bâtit dans la même ville le palais Alexandre (1792-1796), qui, à partir de 1811, servira de lycée. C'est à Gatchina, dans le château (1766-1781) élevé par Antonio Rinaldi pour le comte Orlov, que Paul Ier établira sa cour. Charles Cameron construisit le château de Pavlovsk (1782-1786), dont le parc est un des plus beaux de Russie.
De l'époque soviétique datent les larges avenues bordées d'immeubles, les places et monuments dédiés aux révolutionnaires, des édifices comme le théâtre du Komsomol Lénine (1933-1939) ou le théâtre de la Jeunesse (1962).
LES MUSÉES DE SAINT-PÉTERSBOURG

Saint-PétersbourgSaint-Pétersbourg
La ville compte de nombreux musées, au premier rang desquels l'Ermitage. Riche d'environ 2 700 000 objets d'art, de la préhistoire au xxe s., c'est un des plus grands musées du monde. Ses collections de peintures françaises (de Poussin à Matisse, avec un très riche ensemble du xviiie s.) sont particulièrement remarquables.
Il faut signaler également le Musée russe (collections d'art russe du xiie s. au xxe s.), le Musée ethnographique (art et artisanat populaire des peuples de l'ex-U.R.S.S.), le musée de la Littérature, le musée de la Marine (dans l'ancienne Bourse), le musée Mendeleïev.

 

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JOHN FITZGERALD KENNEDY

 

John Fitzgerald Kennedy

Homme d'État américain (Brookline, près de Boston, Massachusetts, 1917-Dallas 1963).
1. Un jeune patricien de Nouvelle-Angleterre

1.1. Le clan Kennedy

Pur produit de l'establishment catholique aux États-Unis, John Fitzgerald Kennedy va accomplir le parcours type d'un fils de famille. L'histoire de son « clan » commence en 1849, lorsque débarque à East Boston Patrick Kennedy, immigrant irlandais. Ce dernier est le père de Joseph Patrick, alias Joe Kennedy, homme d'affaires qui a neuf enfants. John Fitzgerald, le deuxième, est diplômé de Harvard.
Sous l'influence de Joe, les enfants apprennent à rester unis, à former un clan qui se retrouve dans le malheur comme dans le bonheur.
1.2. Un élève médiocre


John suit des études dans les meilleurs établissements d'enseignement : Choate Academy à Wallingford (Connecticut), la London School of Economics, Princeton, enfin Harvard. Ses résultats scolaires et universitaires ne sont pas brillants. En 1937, puis en 1939, son père lui fait visiter l'Europe, et sa thèse de science politique, « Why England Slept » – sujet d'une actualité brûlante – remporte un beau succès de librairie.
1.3. L'officier de marine héroïque

De retour aux États-Unis, John s'inscrit à Stanford, où il ne reste que quelques mois, et part pour l'Amérique du Sud. Quand les États-Unis entrent en guerre, il parvient, malgré une colonne vertébrale fragile, à obtenir un poste de combattant dans la marine ; en 1943, il accomplit un exploit dans le Pacifique en sauvant plusieurs de ses camarades, en dépit de ses propres blessures. Il termine la guerre à l'hôpital et en convalescence.
2. L'ascension politique

2.1. Représentant démocrate de l'État du Massachusetts (1946-1953)

En 1945, la politique l'attire, à moins que son père l'ait convaincu qu'après la mort de l'aîné il se devait de briguer un mandat. De fait, la politique est une passion familiale, et l'esprit de clan n'est pas absent : « Je suis entré dans la vie politique, dira-t-il plus tard, parce que Joe est mort. Si quelque chose m'arrivait demain, mon frère Bobby se présenterait à mon siège de sénateur. Si Bobby mourait, Teddy lui succéderait. » John commence donc par tenter sa chance dans un quartier ouvrier de Boston lors des élections à la Chambre fédérale des représentants. Il dépense sans compter, fait jouer les relations de sa famille, utilise ses amis de Harvard, mène une très efficace campagne et se fait élire.
Réélu en 1948 et en 1950, il fait partie des libéraux et s'oppose, par exemple, à la loi Taft-Hartley.
2.2. Sénateur du Massachusetts (1953-1960)

En 1952, le voilà candidat aux élections sénatoriales ; son adversaire s'appelle Henry Cabot Lodge, un grand nom du Massachusetts, le président du Comité national républicain. Les Kennedy, frères, sœurs et conjoints, se lancent dans la bataille. Si, dans l'élection présidentielle, Dwight David Eisenhower remporte le Massachusetts par plus de 200 000 voix, Lodge, lui, est battu dans l'élection au poste de sénateur. En 1958, contre un rival moins prestigieux, Kennedy sera réélu triomphalement, avec une avance de plus de 870 000 suffrages.
Le sénateur Kennedy se marie en 1953 avec Jacqueline Lee Bouvier (1924-1994), et subit l'année suivante deux opérations délicates, que ses blessures de guerre ont nécessitées. Il profite de sa convalescence pour écrire Profiles in Courage (1956), où il trace le portrait de quelques sénateurs américains. La maladie l'empêche de voter lorsqu'en 1954 Joseph McCarthy est censuré ; sans doute est-il hostile, plus que ses électeurs, aux excès du sénateur du Wisconsin, mais son frère Robert sert quelques mois comme conseil juridique auprès du sous-comité de McCarthy.
Émergence d'une nouvelle personnalité politique
À la fin de l'année 1955, John Fitzgerald Kennedy devient une personnalité de premier plan. Il propose des mesures législatives qui visent à améliorer la condition des travailleurs, mais celles-ci sont rejetées ou modifiées. Il prend la parole sur la limitation des importations de pétrole et de laine, sur l'aide à l'étranger, sur les subventions fédérales aux villes, sur les droits civiques. Dès 1956, il réclame l'indépendance de l'Algérie, critique le président Eisenhower et sa politique chinoise, intervient plusieurs fois dans les débats de politique étrangère.
Vers la présidence des États-Unis…
C'est que John Fitzgerald Kennedy a décidé, dès ce moment-là, de se présenter à l'élection présidentielle. À la convention démocrate de 1956, Adlai Stevenson reçoit l'investiture du parti. Comme candidat à la vice-présidence, John Fitzgerald Kennedy est battu de peu par Estes Kefauver (1903-1963).
Son succès aux sénatoriales de 1958 augmente ses chances ; le 2 janvier 1960, il annonce qu'il sera candidat dans une dizaine d'élections primaires. Il élimine l'un de ses rivaux, Hubert Horatio Humphrey, en remportant la victoire dans le Wisconsin et surtout en Virginie-Occidentale, État foncièrement protestant. Reste le sénateur Lyndon Baines Johnson, qui ne s'est pas présenté aux primaires et qui compte beaucoup d'amis et de partisans chez les démocrates modérés. À la convention de Los Angeles, l'organisation Kennedy, dirigée par Robert, fonctionne parfaitement : John est investi dès le premier tour de scrutin. Songeant au poids politique de Lyndon Baines Johnson, il propose à ce dernier – à la surprise de son propre frère – d'être candidat à la vice-présidence. Lyndon Baines Johnson accepte.
… pour remettre l'Amérique en mouvement
Chez les républicains, le candidat à la présidence est Richard M. Nixon, le bras droit et l'héritier du général Eisenhower. Les sondages lui donnent l'avantage jusqu'à la fin de septembre : les Américains ne paraissent croire que modérément au projet de « Nouvelle Frontière » du démocrate, une invitation à remettre l'Amérique en mouvement ; ils préfèrent Richard M. Nixon, qui possède une certaine expérience du pouvoir.
Puis, dans les dix dernières semaines de la campagne, quatre débats télévisés mettent aux prises les deux adversaires : le charme, l'esprit de repartie, les connaissances précises de John Fitzgerald Kennedy impressionnent, d'autant plus que Richard M. Nixon est particulièrement maladroit. Le lendemain des élections, un avantage de 100 000 voix sur 68 millions de suffrages exprimés donne à John Fitzgerald Kennedy la présidence. Celui-ci a bénéficié du soutien des Noirs, qui ont applaudi l'appui du candidat au pasteur Martin Luther King – alors emprisonné en Géorgie. Il a surtout inspiré confiance à cette Amérique, riche mais inquiète, puissante mais menacée, qui s'incarne dans cet homme de quarante-trois ans.
3. Le 35e président des États-Unis (1960-1963)

3.1. Mille jours pour réussir

Kennedy prévient les Américains : il a fallu cent jours à Roosevelt pour recueillir les premiers fruits du New Deal ; il en faudra mille au nouveau président pour réussir. Comme son illustre prédécesseur, il s'entoure de jeunes collaborateurs, sortis des universités de la côte Est, et attache une importance particulière à la communication politique.
3.2. Politique intérieure : un bilan décevant

Elle vise à atteindre deux objectifs : faire sortir les États-Unis de la récession et stimuler la croissance économique – aider les groupes socio-économiques défavorisés. Or, il est clair qu'en trois ans de pouvoir les résultats ont été médiocres. Certes, 5 milliards de dollars sont alloués à la construction de logements sociaux ; le salaire minimum est porté de 1 à 1,25 dollar par heure ; 400 millions de dollars sont attribués aux régions victimes de la stagnation économique ; les sociétés sidérurgiques qui voulaient augmenter leurs prix, en dépit de la politique anti-inflationniste de la Maison-Blanche, se soumettent à la volonté du président ; enfin, le Trade Expansion Act de 1962 réduit les droits de douane de 50 % et quelquefois de 100 % sur les produits échangés avec le Marché commun.
Échec en matière de relance économique
Mais les échecs sont plus nombreux que les réussites : le projet d'aide fédérale aux écoles, le contrôle de la production du blé, l'assistance médicale gratuite aux personnes âgées (Medical Care), la création au sein du cabinet d'un département des Affaires urbaines et cet allégement fiscal que les conseillers économiques du président jugent indispensable pour relancer l'expansion, toutes ces mesures se heurtent à l'hostilité ou à l'inaction du Congrès.
En effet, si les démocrates sont majoritaires dans les deux Chambres fédérales, ils n'éprouvent pas tous des sympathies pour John Fitzgerald Kennedy ; les conservateurs du Sud, qui détiennent un pouvoir d'autant plus grand que leurs circonscriptions sont « sûres », s'unissent aux républicains pour empêcher le passage d'une législation progressiste. Pourtant, John Fitzgerald Kennedy s'est efforcé de rassurer le monde des affaires : il refuse de suivre une politique de grosses dépenses ; il tâche de redonner confiance dans le dollar.
La lutte pour les droits civiques
Le président fait ce qu'il peut pour tenir ses promesses envers la communauté noire. L'attorney général, Robert Francis Kennedy, est actif ; il protège les « Freedom Riders », ces libéraux blancs et noirs qui se rendent dans le Sud en autocars pour abattre directement et immédiatement les dernières traces de la ségrégation. En novembre 1962, il est interdit de procéder à une discrimination raciale dans les logements construits ou achetés avec des fonds fédéraux. La Maison-Blanche emploie la force pour contraindre l'université du Mississippi à accepter la présence de James H. Meredith, dont la faute impardonnable est d'être le premier étudiant noir à vouloir pénétrer dans cet établissement. En 1963, dans sa campagne en faveur des droits civiques, le pasteur King sait qu'il peut compter sur l'appui du président Kennedy.
Mais celui-ci ne parvient pas à faire voter une nouvelle loi sur les droits civiques. L'opposition d'une partie du Congrès paraît irréductible. Aussi faut-il bien admettre que le programme de 1960 n'est toujours pas, trois ans plus tard, réalisé.
3.3. Politique extérieure : une nouvelle approche

Endiguer l'expansion du communisme dans le tiers-monde
Au début de 1961, la CIA (Central Intelligence Agency) soumet un projet de débarquement à Cuba, qui serait exécuté par des exilés cubains ; les États-Unis fourniraient une aide matérielle et politique. Ce projet, préparé sous la présidence d'Eisenhower, John Fitzgerald Kennedy l'accepte finalement, après avoir beacoup hésité.
Le débarquement a lieu le 17 avril, dans la baie des Cochons. L'échec est total : Fidel Castro capture 1 200 hommes et tire le plus grand parti de cette agression. Les États-Unis sortent de l'aventure affaiblis et ils ont été mis en accusation par l'opinion américaine et internationale. De cette tragique erreur, John Fitzgerald Kennedy a assumé l'entière responsabilité ; il a même consenti à livrer du matériel aux Cubains, malgré l'embargo, pour obtenir la libération des prisonniers.
En mai, il fait voter un crédit de 500 millions de dollars pour aider l'Amérique latine dans le cadre d'une « Alliance pour le progrès ». Créé en mars 1961, le Peace Corps (Corps de la paix)– armée de volontaires qui enseignent des méthodes agricoles dans les régions en voie de développement – contribue à améliorer l'image des États-Unis. Même limités, les résultats de cette politique valent d'être soulignés.
Entre crise et détente avec l'Union soviétique
La seconde crise de Cuba touche aux relations entre l'Union soviétique et les États-Unis. Dès 1961, John Fitzgerald Kennedy se déclare partisan d'une réponse graduelle si les Soviétiques déclenchent une attaque contre l'Ouest ; en conséquence, il accroît les forces conventionnelles. En même temps, il cherche à rattraper le retard que son pays a pris sur l'URSS dans le domaine des expériences spatiales et à gagner la course à la conquête de la Lune.
En juin 1961, il rencontre à Vienne Nikita S. Khrouchtchev : les deux hommes s'entendent sur la neutralisation du Laos, mais ne tombent d'accord sur aucun autre problème. Bien plus, l'Union soviétique déclenche une nouvelle crise à Berlin. John Fitzgerald Kennedy demande alors et obtient du Congrès la mobilisation de 250 000 réservistes ; les Soviétiques préfèrent la prudence et se contenteront, en août, de construire le mur de Berlin.

John Fitzgerald Kennedy, le 22 octobre 1962John Fitzgerald Kennedy, le 22 octobre 1962
Les négociations sur le désarmement progressent peu ; le 31 août, Moscou décide de reprendre ses expériences nucléaires. Les Américains répliquent qu'ils feront de même si un traité d'interdiction n'est pas immédiatement signé. Les Russes refusent. Les relations entre les deux pays se tendent, lorsqu'en octobre 1962 éclate la crise de Cuba. Des photographies aériennes révèlent que l'URSS installe une quarantaine de missiles nucléaires à moyenne portée. Le 22, dans un discours télévisé, John Fitzgerald Kennedy annonce le blocus des côtes cubaines pour tous les bateaux transportant des armes offensives ; mais, en même temps, il négocie avec Nikita S. Khrouchtchev, qui, le 28, s'incline.
Sauvegarder la coexistence pacifique
Les États-Unis viennent de remporter une belle victoire, avec l'aide de leurs alliés. Une étape de la guerre froide s'achève. Russes et Américains s'orientent vers une nouvelle conception de leurs relations : chaque camp sait jusqu'où il peut aller s'il ne veut pas affronter l'autre directement ; tous les deux s'efforcent d'éviter une guerre nucléaire.
En 1963, l'Union soviétique propose que les puissances nucléaires renoncent à leurs essais ; les États-Unis acceptent. C'est que, désormais, la puissance de la Chine hante les imaginations. Les Chinois dénoncent la complicité objective des deux super-grands, qui, selon eux, se partagent le monde aux dépens des autres nations. Aussi s'efforcent-ils de brouiller les cartes.
L'engagement au Viêt Nam
L'Asie du Sud-Est devient un problème brûlant de la politique américaine. En juillet 1962, le Laos est neutralisé à la suite de la conférence de Genève, mais, au Viêt Nam du Sud, le régime de Ngô Dinh Diêm lutte contre des maquis communistes. John Fitzgerald Kennedy envoie des armes, des hélicoptères, des conseillers militaires, des soldats enfin (il y a 16 000 Américains en novembre 1963). Quand Ngô Dinh Diêm est assassiné – quelques jours avant John Fitzgerald Kennedy –, Saigon connaît une période d'instabilité et une vacance de pouvoir qui déroutent les États-Unis. John Fitzgerald Kennedy ne veut pas abandonner cette partie du monde à ce qu'il croit être l'influence chinoise ; sa politique est hésitante et ouvre la voie à toutes les aventures. Il est vrai que la Chine ne fait rien pour rassurer : en octobre 1962, à propos de la question des frontières himalayennes, elle entre en conflit avec l'Inde, que les États-Unis soutiennent.
Pour en savoir plus, voir l'article guerre du Viêt Nam.
Un « grand dessein » pour l'Europe…
John Fitzgerald Kennedy, le 26 juin 1963, « Ich bin ein Berliner »John Fitzgerald Kennedy, le 26 juin 1963, « Ich bin ein Berliner »
John Fitzgerald Kennedy se préoccupe de l'évolution de la situation européenne. Ses voyages lui donnent, dans cette partie du monde, une popularité qui n'a d'égale que celle de sa femme. Quand il crie à Berlin en 1963 « Ich bin ein Berliner », il devient un héros en Allemagne. Le président veut réaliser un « grand dessein » : unir par des intérêts communs son pays et la Communauté européenne élargie à la Grande-Bretagne. Il imagine une zone de libre-échange qui permettrait aux Américains d'écouler leurs produits et de limiter leurs dépenses militaires.
… contrecarré par le général de Gaulle
Mais la France se montre un partenaire difficile : elle fait exploser sa première bombe atomique en 1960 et refuse en 1963 de signer le traité sur les essais nucléaires ; elle ne ménage pas son appui dans les affaires de Cuba ou de Berlin, mais prend ses distances à l'égard de l'OTAN.
En janvier 1963, le général de Gaulle met son veto à l'entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun et signe un traité de réconciliation avec le chancelier Konrad Adenauer. Quelques mois plus tard, John Fitzgerald Kennedy se rend en Europe pour rassurer l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne sur les intentions de son pays, qui s'engage une nouvelle fois à protéger l'Europe occidentale contre une éventuelle agression soviétique.
4. Le mystère Kennedy

Lee Harvey Oswald, le 21 août 1963, interview radiophoniqueLee Harvey Oswald, le 21 août 1963, interview radiophonique
Sur le trajet de John Fitzgerald Kennedy, en visite à Dallas le 22 novembre 1963, trois coups de feu retentissent. Atteint en pleine tête dans sa limousine, le président s'écroule, aux côtés de son épouse Jacqueline, épargnée par l'attentat. Le 29 novembre 1963, le nouveau président Lyndon B. Johnson crée une commission d'enquête, qui est placée sous la responsabilité du juge Earl Warren, président de la Cour suprême. Dix mois plus tard, le rapport Warren conclue au geste d'un déséquilibré agissant en son nom personnel : Lee Harvey Oswald (1939-1963), qui, peu après, est lui-même abattu par Jack Ruby (1911-1967), dont le mobile n'a jamais été clairement établi.
Aucune hypothèse n'a été écartée pour expliquer le meurtre du président américain. On y a vu tour à tour la main de l'URSS, celle de la Mafia, celle des exilés cubains anticastristes, celle des sudistes d'extrême droite. Les soupçons pesèrent même sur le FBI et sur la CIA. L'une des plus grandes énigmes du xxe siècle n'a jamais trouvé de réponse définitive.

 

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GORBATCHEV

 

Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev
Mikhaïl Gorbatchev, 1988

Mikhaïl Gorbatchev, 1988Démission de Mikhaïl Gorbatchev, décembre 1991
Homme d'État russe (Privolnoïe, territoire de Stavropol, 1931).
Premier secrétaire du territoire de Stavropol de 1970 à 1978, il entre à cette date au secrétariat du Comité central du parti communiste de l'Union soviétique (PCUS), où il est chargé de l'agriculture. Élu membre du Bureau politique en 1980, il devient, après la mort de Konstantine Tchernenko, en mars 1985, secrétaire général du PCUS. À partir d'octobre 1988, il cumule cette fonction avec la présidence du Praesidium du Soviet suprême. En mars 1990, il est élu président de l'URSS par le Congrès des députés du peuple. Soulignant, dès son arrivée au pouvoir, la nécessité pour son pays d'un tournant décisif et dénonçant la stagnation (zastoï) et le dogmatisme de la période brejnévienne, M. Gorbatchev lance une série de réformes qui visent à la restructuration (perestroïka) de la société, à la réforme de l'économie, à la transparence (glasnost) et à la démocratisation.
Pour en savoir plus, voir les articles glasnost, perestroïka.
En politique extérieure, il inaugure un style dynamique et médiatique, multipliant les appels au désarmement. Lors du sommet de Washington (décembre 1987), il signe avec Donald Reagan un accord sur l'élimination des missiles à moyenne portée en Europe. Il ne s'oppose pas aux changements qui affectent l'Europe de l'Est depuis la fin de 1989 et accepte l'unification de l'Allemagne (traité de Moscou, septembre 1990). Perçu par de nombreux Occidentaux comme le libérateur de l'Europe de l'Est, le champion du désarmement et l'initiateur d'une révolution non violente, il se voit attribuer le prix Nobel de la paix en 1990. Au même moment, la situation économique désastreuse, la montée des tensions interethniques et des revendications indépendantistes des républiques conduisent M. Gorbatchev à se rapprocher des conservateurs. Il apparaît dès lors à beaucoup de Soviétiques comme le représentant et le défenseur d'un système en faillite. En décembre 1990, M. Gorbatchev renforce ses pouvoirs présidentiels et s'entoure d'une nouvelle équipe conservatrice, qui tente de le renverser par un coup d'État (19-21 août 1991). L'échec de cette tentative de reprise en main provoque le démantèlement de l'URSS. Les réformateurs, avec à leur tête Boris Ieltsine, composent désormais la principale force politique. Rétabli dans ses fonctions, M. Gorbatchev démissionne du secrétariat du PCUS (24 août), qui est suspendu deux jours après. Plaidant pour la constitution d'une nouvelle Union d'États souverains qui garantisse le maintien d'un système commun de défense et d'échanges économiques, M. Gorbatchev se fait déposséder de tout pouvoir par les présidents des Républiques qui décident la disparition de l'URSS et la constitution, en décembre, d'une Communauté des États indépendants (CEI).
Sa participation à l'élection présidentielle de Russie en juin 1996, se solde par un grave échec avec moins de 1 % des voix.

 

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