|
|
|
|
 |
|
MAO ZEDONG |
|
|
|
|
|
Mao Zedong ou Mao Tsö-tong ou Mao Tsé-toung
Cet article fait partie du dossier consacré à la guerre froide.
Homme d'État chinois (Shaoshan, Hunan, 1893-Pékin 1976).
Mao Zedong
Mao participe à la fondation du parti communiste chinois en 1921. C’est pendant la Longue Marche conduite pour échapper au Guomindang qu’il devient chef du parti en 1935. Après avoir conduit la guerre contre le Japon, puis le Guomindang, il fonde en 1949 la République populaire de Chine qu’il dirige jusqu’à sa mort, l’emportant sur ses rivaux au prix d’initiatives aventureuses comme le Grand Bond en avant ou la Révolution culturelle. Bien qu’ayant mené son pays au bord de l’effondrement, il continue aujourd’hui à y incarner l’idéal révolutionnaire.
Mao avant la Chine populaire (1893-1949)
Fils instruit d’un paysan aisé, Mao devient, après ses études, bibliothécaire à l’université de Pékin. Il participe en 1921 à la fondation du parti communiste chinois (PCC) par Chen Duxiu et une poignée de marxistes, désireux, comme le gouvernement nationaliste du Guomindang, de libérer le pays de l’emprise des seigneurs de guerre et des impérialistes.
Après la rupture avec le Guomindang en 1927, Mao organise des bases révolutionnaires paysannes dans la province du Jiangxi, où est fondée une « République soviétique chinoise » dont il devient président en 1930. Désavoué par le parti, puis délogé par le Guomindang, il se replie vers le nord en menant la Longue Marche (1934-1935), pendant laquelle il est enfin reconnu comme chef du Parti.
De nouveau allié au Guomindang dans la lutte contre les Japonais (1937-1945), il mène ensuite contre lui la seconde guerre civile à l’issue de laquelle est proclamée, le 1er octobre 1949, la République populaire de Chine.
Le dirigeant de la Chine populaire (1949-1976)
Président du parti et de la République, Mao donne le ton aux différentes phases du régime, même s’il est fréquemment contesté, ce qui le conduit, à partir de 1957, à une surenchère révolutionnaire plus tactique qu’idéologique, puisqu’elle est destinée à le faire triompher de ses rivaux.
Après la phase de Démocratie nouvelle (1949-1953) consacrée au redressement du pays, puis la période d’imitation du modèle soviétique (1953-1956), Mao, indirectement atteint par la remise en question du culte de la personnalité de Staline en URSS, reprend l’initiative en lançant en 1957 la campagne de libre expression des Cent Fleurs, puis, en 1958 le Grand Bond en avant, expérience de développement économique chaotique qui provoque la mort de 36 millions de Chinois. Désavoué par Liu Shaoqi, auquel il cède la présidence de la République en 1959, Mao prépare sa revanche.
Ce sera la Révolution culturelle, orchestrée par ses soins à partir de 1966 pour créer « l’homme nouveau » en éliminant tous ceux qui « retardent l’édification du socialisme ». De plus en plus coupé des réalités, jouant d’une faction contre l’autre, Mao réussit ainsi à conserver le pouvoir jusqu’à sa mort en 1976. Si celle-ci est suivie d’un virage vers la modernisation économique au détriment du socialisme, la Chine ne connaîtra pas de démaoïsation comparable à la déstalinisation soviétique.
1. Mao jusqu’à la naissance de la Chine populaire (1893-1949)
1.1. Mao avant le communisme (1893-1921)
La jeunesse (1893-1918)
Fils d'un paysan aisé enrichi dans le commerce des grains qui aurait voulu faire de lui le gérant de la petite affaire familiale, Mao Zedong doit se rebeller contre l'autorité paternelle pour continuer ses études. Il grandit dans une Chine humiliée d'avoir dû accorder aux puissances occidentales des concessions qui jouissent d'énormes avantages, les empereurs s'avérant incapables de faire respecter l'indépendance nationale du pays ni de moderniser celui-ci.
Quand, en 1911, la révolution du Guomindang de Sun Yat-sen met fin à la monarchie et proclame la république, Mao est, comme de très nombreux jeunes gens de son âge, gagné par l'enthousiasme, et il s'engage durant six mois dans l'armée révolutionnaire. Il revient ensuite à Changsha, capitale du Hunan, poursuivre ses études primaires supérieures jusqu'en 1918. À l'école normale du Hunan (1913-1918), Mao organise aussi des cours du soir pour alphabétiser les travailleurs.
Formation intellectuelle et politique
Nourri de culture chinoise traditionnelle et de culture occidentale, Mao est un admirateur des grands empereurs chinois chefs de guerre. En 1917, dans la revue Nouvelle Jeunesse de Chen Duxiu, il publie son premier article, sur l'éducation physique nécessaire au peuple chinois pour se libérer de la tutelle impérialiste. La même année, le voici à la tête de la Société d'étude du nouveau peuple constituée dans le Hunan parmi les étudiants radicaux. À l'automne 1918, Mao devient aide-bibliothécaire à l'université de Pékin sous l'autorité du bibliothécaire en chef, Li Dazhao.
Le jeune Mao subit l'influence de Chen et de Li, qui, après avoir dirigé le mouvement du 4 mai, accueillent avec enthousiasme la révolution russe de 1917. C'est à Chen que Mao devra sa conversion au marxisme en 1920.
Naissance du communisme chinois (1919-1921)
La Chine, un moment unifiée par la république présidée par Yuan Shikai (1912-1916), est entrée depuis dans une longue période de confusion politique : dans les provinces, les généraux (seigneurs de la guerre) accèdent au pouvoir tandis que Sun Yat-sen prend en 1917 à Canton la tête d'un gouvernement républicain. Cette période d'affrontements internes et de morcellement politique durera en fait jusqu'en 1949.
Mao, qui a participé au mouvement du 4 mai à Changsha où il est revenu s'établir, fonde une section des Jeunesses socialistes. Il publie son premier article marxiste en novembre 1920. Il est alors directeur d'école primaire puis gérant d'une librairie. En juillet 1921, il est un des douze délégués qui créent à Shanghai le parti communiste chinois (PCC), dont Chen devient le premier secrétaire général.
1.2. L’ascension de Mao au sein du parti communiste (1921-1935)
De l’alliance à la rupture avec le Guomindang (1921-1927)
Nommé responsable pour le Hunan du secrétariat au travail, Mao organise des syndicats ouvriers. Il approuve la politique d'alliance avec le Guomindang de Sun Yat-sen pratiquée par le PCC sur les conseils de l'Internationale communiste. En 1923-1924, le voici responsable de l'organisation du PCC mais aussi membre du bureau de Shanghai du Guomindang. Cette stratégie permet au PCC d'élargir son influence. Témoin des fortes réactions populaires qui se produisent dans son village natal du Hunan à la suite des incidents des 30 mai et 23 juin 1925 au cours desquels la police anglaise de Shanghai et de Canton a tiré sur la foule, Mao y prend conscience du rôle révolutionnaire de la paysannerie. Il écrira en 1927 son Rapport sur l'enquête menée dans le Hunan à propos du mouvement paysan pour affirmer le rôle de la paysannerie dans la lutte révolutionnaire.
Après la mort de Sun Yat-sen (mars 1925), l’aile droite l’emporte au sein du Guomindang, avec Jiang Jieshi (Tchang Kaï-chek), qui rompt brutalement avec les communistes en avril 1927 (fusillades de Shanghai). Le parti se replie alors dans les campagnes, et Mao est chargé de l'organiser sur une base militaire dans son Hunan natal.
La guérilla au Jiangxi (1927-1930)
En septembre 1927, Mao conduit ses troupes dans les montagnes du Hunan puis du Jiangxi. En avril 1928, son armée reçoit le renfort de celle d'un autre dirigeant du PCC, Zhu De, puis, en novembre, de l'armée de Peng Dehuai. Jusqu'en 1934, le Jiangxi est administré par les communistes : c'est la République soviétique du Jiangxi, dont Mao est le président depuis novembre 1931. L'Armée rouge, fortement politisée, est formée selon la doctrine d'une action aux tâches extramilitaires multiples : propagande, organisation des masses et même production. Mao énonce les principes de la lutte de guérilla, tactique d'« encerclement des villes par les campagnes ».
La mise à l’écart de Mao (1930-1934)
Grâce à l'appui que leur apportent les paysans, les communistes étendent leur influence à un point tel que, durant l'été 1930, la direction du PCC dont le nouveau secrétaire général est Li Lisan, ordonne à l'armée du Jiangxi de sortir de ses bases et de lancer une offensive contre les grandes villes tenues par le Guomindang. C'est l'échec ; Mao propose le repli sur le Jiangxi tandis que Li Lisan est écarté. Mais le PCC ne passe pas pour autant sous le contrôle de Mao mais sous celui de Wang Ming et des « vingt-huit bolcheviques » ainsi appelés par Mao parce qu'ils avaient pour la plupart étudié en URSS. Mao, critiqué pour ses conceptions militaires en faveur de la guérilla, doit s'incliner, son autorité à la tête de la République soviétique du Jiangxi devenant de plus en plus nominale. Désormais, l'armée communiste doit privilégier les batailles rangées et c'est de cette façon qu'elle repousse à quatre reprises, entre 1930 et 1934, les attaques que lance le Guomindang pour la détruire.
La Longue Marche : Mao chef du Parti (1934-1935)
Mais cette stratégie montre ses limites en 1934 lors de la cinquième offensive, à l'issue de laquelle l'armée communiste n'évite l'encerclement total que par une percée en octobre 1934 qui lui fait abandonner le Jiangxi. Ainsi commence la Longue Marche qui conduit au bout d'un an et 12 000 kilomètres, en octobre 1935, les 30 000 survivants dans le Shanxi. Là, l'armée du Jiangxi est grossie d'autres contingents communistes. Au cours de cette retraite, bientôt transformée en épopée, Mao a pu faire adopter ses méthodes militaires et a beaucoup gagné en autorité dans le parti. En janvier 1935, à Zunyi dans le Guizhou, au cours d'une réunion des chefs politiques et militaires, il fait condamner la politique de la direction du PCC et devient le chef du parti.
1.3. De la Longue Marche à la victoire communiste (1935-1949)
Vers l’alliance tactique avec le Guomindang (1935-1937)
À partir d'octobre 1935, Mao installe sa capitale à Yan'an dans le Shaanxi. De là, il proclame que l'ennemi principal du PCC est l'envahisseur japonais installé en Mandchourie depuis septembre 1931 et offre son alliance au Guomindang, qui finit par accepter en septembre 1937, deux mois après le début officiel de la guerre sino-japonaise.
La guerre sino-japonaise (1937-1945)
La guerre permet aux communistes d’asseoir leur position dans le Nord et le Centre et de mobiliser les populations locales contre l’envahisseur, alors que le Guomindang se discrédite par sa passivité. Elle confère surtout à Mao une stature nationale. À plus de 40 ans, Mao est maintenant un dirigeant éprouvé. C'est ce symbole vivant de la révolution, ayant perdu dans la lutte plusieurs membres de sa famille, que rencontre le journaliste américain Edgar Snow, dont les écrits vont faire connaître la révolution chinoise à l'étranger. Parallèlement, ses idées sur la « sinisation du marxisme » triomphent dans le parti (campagne de rectification de 1942). En avril-juin 1945, le VIIe congrès du PCC l'élit président du Comité central et proclame que le parti est désormais guidé par la « pensée de Mao Zedong ».
La guerre civile (1946-1949)
Dès la capitulation du Japon (2 septembre 1945), la reprise de la guerre civile est inéluctable. Les mêmes méthodes qui ont assuré le succès de la Longue Marche et de la lutte contre les Japonais permettent au PCC de l'emporter dans la guerre civile qui l'oppose de 1946 à 1949 au Guomindang, pourtant aidé par les Américains. Le PCC de Mao réussit à incarner aux yeux des Chinois tout à la fois l'indépendance nationale, les espoirs de révolution sociale, l'honnêteté face à la corruption des nationalistes et la paix civile par une politique de large alliance avec les adversaires de Jiang Jieshi, qui finit par se réfugier à Taiwan avec ses partisans.
2. Le dirigeant de la Chine populaire (1949-1976)
Mao Tsé-toung, octobre 1949Mao Tsé-toung, octobre 1949
En septembre 1949, dans Pékin conquise, Mao réunit une Conférence politique consultative qui désigne un gouvernement de coalition sous sa présidence. Le 1er octobre 1949, la République populaire de Chine est proclamée. Les institutions en seront fixées par la Constitution du 20 décembre 1954. Mao concentre entre ses mains trois présidences essentielles : celle du parti, celle de la République et celle du conseil militaire révolutionnaire. Pourtant, même si son autorité est exceptionnelle, même si sa pensée inspire la politique du parti, les autres dirigeants ne sont pas des comparses.
L'homme qui est maintenant à la tête d'un pays de 600 millions d'habitants a conservé les goûts simples d'un paysan, s'exprimant dans le dialecte du Hunan. Il vit en reclus dans ses diverses résidences de Pékin, Beidaihe, Wuhan, Hangzhou, lit beaucoup et voyage souvent dans le pays. S'il reçoit occasionnellement les dirigeants du parti et de l'État, dont Zhou Enlai, le Premier ministre, il communique en général avec eux par notes écrites. Ce comportement en fait un personnage à part, dont le prestige est immense, mais, l'éloignant de la pratique quotidienne du pouvoir, il contribuera à l'isoler, au fil des différentes phases de l’histoire de la République populaire : Démocratie nouvelle (1949-1953), imitation du modèle soviétique (1953-1956), campagne des Cent Fleurs (1957), Grand Bond en avant (1958), Révolution culturelle (1966-1976).
2.1. La Démocratie nouvelle (1949-1953)
Dans tous les domaines, c'est lui qui donne le ton. La base théorique de la République populaire de Chine est son essai de juin 1949 (De la dictature démocratique populaire) qui intègre, aux côtés de la classe ouvrière et de la petite paysannerie, la petite bourgeoisie et la bourgeoisie nationale dans le groupe des quatre classes anti-impérialistes et antiféodales, et dénie aux autres « ennemis du peuple » tout droit de suffrage dans la « Démocratie nouvelle », slogan qui donne son nom à cette première période au cours de laquelle il s'agit, avant tout de reconstruire la Chine.
– Reconstruction politique par l'élimination, y compris physique, des contre-révolutionnaires, par la reprise en main des intellectuels et par une plus grande discipline dans le parti ;
– reconstruction économique par la réforme agraire et par le développement de la production industrielle ;
– reconstruction sociale par un grand effort fait pour l'instruction et par la reconnaissance de l'égalité entre les hommes et les femmes ;
– reconstruction de la politique extérieure par le traité d'alliance et d'amitié signé avec l'URSS en février 1950 et par l'aide en armes apportée aux communistes vietnamiens et en soldats aux communistes coréens.
2.2. La phase d’imitation du modèle soviétique (1953-1956)
De 1953 à 1956, le développement économique se fait sur le modèle soviétique : adoption du premier plan quinquennal, collectivisation des terres par regroupement de plus en plus autoritaire dans des coopératives. Mao reconnaît lui-même que le parti communiste de l'Union soviétique est « le meilleur professeur » du PCC et que la nouvelle Chine appartient au « front anti-impérialiste » dirigé par l'URSS.
En quelques années, la Chine accroît sa production dans des proportions importantes, bénéficiant d'une aide soviétique multiforme et de la sécurité revenue dans le pays pour la première fois depuis des décennies. Ses réalisations sociales incontestables, l'aide apportée aux mouvements d'indépendance nationale en Asie en font un pays au prestige international retrouvé et symbolisé par sa participation à la conférence de Bandung (1955) malgré la perte de son siège à l'ONU en 1951.
2.3. Le tournant de 1956-1957
Mao remis en question
L'année 1956 marque un tournant dans la vie de Mao comme dans le destin de la Chine populaire. En février, le XXe Congrès du parti communiste de l'Union soviétique condamne le culte de la personnalité de Staline. Craignant que cette attitude n'ouvre la voie à des attaques contre sa propre personne, qui est alors l'objet d'un culte du même type, Mao désapprouve le rapport de Nikita Khrouchtchev. Mais le VIIIe Congrès du PCC, en septembre 1956, confirme les pires craintes de Mao. Le numéro deux du parti, Liu Shaoqi, et celui qui devient alors secrétaire général, Deng Xiaoping, attaquent le culte de la personnalité, font l'éloge de la direction collective, critiquent la précipitation en matière politique. Plus grave, le Congrès fait disparaître des textes du parti toute référence à la pensée de Mao. Certes, ce dernier conserve toutes ses fonctions, mais il est clair que le Congrès s'est fait contre lui.
Toutes les initiatives politiques qu'il va prendre de 1957 à 1966 sont autant d'efforts pour contrecarrer la ligne établie par le VIIIe Congrès en court-circuitant au besoin les instances dirigeantes du PCC.
C'est donc à la fois en termes d'idéologie (pour ou contre le maoïsme) et de lutte pour le pouvoir qu'il convient d'analyser les soubresauts que va connaître la Chine jusqu'à la mort de Mao.
Le maoïsme comme stratégie et comme idéologie
Le maoïsme lui-même, par son empirisme et son opportunisme (puisque rechercher la vérité dans les faits, comme le dit Mao dès 1941, peut conduire à la modification radicale d'une ligne, par exemple passer de la sacralisation du parti à son dénigrement pendant la Révolution culturelle) peut apparaître en partie comme une justification pseudo-théorique pour conserver ou reconquérir le pouvoir. Mao, sans hésiter à puiser dans la tradition taoïste et à citer Laozi, affirme que la Chine doit résoudre la contradiction « entre les lois objectives du développement économique de la société socialiste et la connaissance subjective » des communistes. C'est-à-dire qu'il considère comme inévitables les erreurs dans l'édification de la nouvelle société, tout en appelant à en tirer des enseignements.
Le maoïsme est également une conception particulière du marxisme où la paysannerie se voit dotée d'un potentiel révolutionnaire supérieur à celui de la classe ouvrière, où l'armée a un rôle particulier à jouer en temps de paix, où la grandeur de la Chine est un objectif essentiel, où le moralisme et le volontarisme doivent permettre l'avènement d'une société égalitaire.
La campagne des Cent Fleurs
En février 1957, Mao reprend l'initiative par un discours attaquant la bureaucratie communiste et demandant aux intellectuels comme aux membres des partis alliés de critiquer le PCC (« Que cent fleurs s'épanouissent, que cent écoles rivalisent »). Pour la première fois depuis 1949, Mao met en cause un parti dont il est le président. Après quelques hésitations, les critiques fusent de toute part contre le PCC mais aussi contre Mao lui-même. Le mouvement (sorte de révolution culturelle avortée) est allé trop loin. Mao fait alors bloc avec le parti et prend la tête d'une campagne contre les « droitistes » : près d'un demi-million de personnes se retrouvent dans des camps de rééducation.
2.4. Le Grand Bond en avant et ses suites (1958-1965)
Un immense élan de volontarisme
En mai 1958, le moment est venu pour Mao de lancer le Grand Bond en avant. Il s'agit, en réalisant une mobilisation sans précédent des masses, d'accélérer la rupture avec les traditions réactionnaires de la Chine ancestrale et de rattraper économiquement la Grande-Bretagne en quinze ans. Tandis que le travail manuel est exalté, que des milliers de fonctionnaires du parti sont envoyés aux champs, de grands chantiers s'élèvent un peu partout, les hauts-fourneaux de poche se généralisent et des communes populaires sont créées. C'est dans ce contexte qu'apparaît en mai 1958 le concept de « révolution permanente » ou « révolution ininterrompue ». Même si c'est Liu Shaoqi qui a le premier utilisé l'expression, cette théorie est au cœur du maoïsme et connaîtra une grande fortune avec la Révolution culturelle.
Un bilan désastreux
Cependant, dès la fin de 1958, le Grand Bond en avant apparaît comme un énorme gâchis : les récoltes pourrissent dans les champs ; pour fabriquer un acier inutilisable on a fondu des outils agricoles et des ustensiles ménagers dont on manque cruellement ; la disette se répand partout. S'il est difficile d'évaluer le coût humain du Grand Bond en avant, l’historien Yang Jisheng (Stèles. La Grande Famine en Chine, 1948-1961, 2012) parle aujourd'hui de 36 millions de morts !
C'est à ce moment que Mao démissionne de la présidence de la République ; retrait volontaire ou injonction du parti ? On ne sait. Il est remplacé en avril 1959 par Liu Shaoqi, dont les vues plus modérées sont connues, mais Mao obtient en août de la même année la destitution du chef de l'armée Peng Dehuai qui, avec d'autres, a critiqué l'irréalisme du Grand Bond en avant et qui, par ailleurs, est favorable à une collaboration militaire avec l'URSS.
La rupture avec l’URSS (1960)
Or, c'est justement durant cette période que se distendent les liens entre la Chine et l'URSS. En juillet 1958, Mao reçoit Khrouchtchev, qui émet des réserves sur les communes populaires et prêche la modération vis-à-vis de Taïwan. Depuis des années, les Soviétiques apprécient peu que les Chinois mettent en avant l'exemplarité de leur révolution pour le tiers-monde et le caractère exceptionnel de la pensée de Mao. Un mois plus tard, affichant son indépendance, Mao entame les bombardements sur l'île taïwanaise de Quemoy. En juin 1959, l'URSS dénonce l'accord sino-soviétique d'octobre 1957 prévoyant la fourniture des secrets de l'arme atomique à la Chine. La rupture intervient en 1960. Les nombreux incidents de frontière sino-soviétiques à partir de 1961 peuvent être interprétés comme une diversion aux difficultés internes chinoises mais aussi une opposition de plus en plus radicale à l'hégémonie du PCUS sur le mouvement communiste et de l'URSS sur le camp socialiste.
La préparation de la Révolution culturelle (1962-1966)
Ce n'est qu'en janvier 1962, devant la croissance de l'opposition du parti, emmenée par Liu Shaoqi, que Mao reconnaît l'échec du Grand Bond en avant.
Affiche pour la révolution culturelle prolétarienneAffiche pour la révolution culturelle prolétarienne
Mais, pour réduire ses adversaires au sein du PCC, il multiplie entre 1962 et 1966 les initiatives qui préparent au grand affrontement avec le parti que sera la Révolution culturelle : en septembre 1962, il estime que la Chine est menacée par une restauration du capitalisme et par l'opposition des intellectuels ; à partir de 1963, sa quatrième épouse, Jiang Qing, commence à jouer un rôle dans la politique culturelle du parti dans le sens de l'intransigeance idéologique ; en mai 1964 paraît la première édition des citations du président Mao (Petit Livre rouge) dont Lin Biao se sert aussitôt pour développer dans l'armée le culte de Mao ; en 1965, Mao critique Liu Shaoqi et Deng Xiaoping ; enfin, le 17 mars 1966, devant le Bureau politique, il propose de déclencher contre les intellectuels une révolution culturelle et, en avril, est constitué le petit groupe de la Révolution culturelle avec Jiang Qing, Chen Boda, Kang Sheng. Leur rôle est de traquer les éléments « bourgeois » dans le parti, l'armée, le gouvernement.
2.5. La Révolution culturelle (1966-1976)
Mao Zedong et Lin Biao
Mao Zedong et Lin BiaoLa Révolution culturelle prolétarienne
Entreprise utopique qui projette d'éliminer les Quatre Vieilleries (vieilles idées, culture, coutumes et habitudes) et de « créer l'homme nouveau », la Révolution culturelle se veut une nouvelle phase de la lutte des classes : il s'agit d'éliminer tous ceux qui retardent « l'édification du socialisme ». Mao estime qu'on ne peut atteindre ce résultat que par une nouvelle révolution. Lui-même se retire alors à Hangzhou tandis que la Chine commence à connaître une agitation de plus en plus vive.
Un premier sommet (1966-1968)
Durant deux ans, les manifestations d'étudiants et de lycéens se multiplient, accompagnées de multiples violences physiques, contre les hiérarchies de l'université et du parti. Dès le 6 août 1966, des millions de gardes rouges, étudiants en majorité, défilent à Pékin devant Mao qui justifie leur rébellion. Mais les résistances de la population et du parti sont si fortes que Mao lance un appel à l'armée pour soutenir les gardes rouges. Le parti est finalement brisé, mais, le chaos continuant, Mao décide en juillet 1968 de rétablir l'ordre en s'appuyant sur l'armée et sur les ouvriers des usines : sous couvert de régénération au contact des réalités, des millions de jeunes sont envoyés dans les campagnes.
Une fragile normalisation (1969-1971)
Lorsque le IXe Congrès du PCC se réunit en avril 1969, la référence à la pensée de Mao, supprimée en 1956, est rétablie. Dans le nouveau Comité central dominent deux groupes distincts se réclamant également de Mao : celui de Jiang Qing et celui de Lin Biao. Ce dernier, désigné comme le successeur de Mao, paraît d'abord l'emporter. Il développe la militarisation de la société et un culte outrancier du « Grand Timonier » Mao. Pourtant, celui-ci désapprouve ces excès. Il semble que Lin Biao, sentant venir sa disgrâce, ait préparé un complot, mais il s'enfuit et, selon la thèse officielle, trouve la mort dans un accident d'avion en septembre 1971.
Un impact mondial
Nixon et Mao
Peu soucieux de laisser le champ libre à Jiang Qing, Mao rappelle bientôt les membres du parti écartés depuis 1966. À la faveur de la Révolution culturelle, interprétée par le régime et par ses partisans à l'étranger – malgré les nombreuses victimes qu'elle fit – comme un grand mouvement de pureté révolutionnaire opposé au dogmatisme, à la bureaucratie, à l'impérialisme américain comme à l'« hégémonisme » soviétique, le maoïsme ainsi entendu touche tous les continents, exalte la jeunesse de nombreux pays et influence le mouvement communiste mondial, suscitant ici et là des scissions au sein des PC sans pourtant supplanter globalement l'influence soviétique. Dans la pratique, cependant, Mao prend des positions surprenantes en politique étrangère : rapprochement avec les États-Unis (visite de Richard Nixon en février 1972), soutien au chah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi, et au général Pinochet (1975).
Ultimes retournements et mort de Mao (1971-1976)
Les dernières années de Mao sont dominées par la maladie, aggravée par un genre de vie sédentaire et son refus de se faire soigner. Au Xe Congrès du PCC, en août 1973, apparaissent autour de sa personne deux groupes distincts : celui des jeunes radicaux dogmatistes avec Jiang Qing (→ Bande des Quatre) et celui des vétérans empiristes du parti avec Zhou Enlai et Deng Xiaoping, revenu au premier plan. Mao apporte d'abord son soutien au groupe de Zhou, et Deng est promu vice-président du PCC et premier des vice-Premiers ministres après Zhou.
Puis, tandis que sa santé se détériore, Mao passe en 1975 sous l'influence de son neveu Mao Yuanxin, proche de Jiang Qing. Après la mort de Zhou Enlai, le 8 janvier 1976, les attributions de Deng lui sont retirées et Mao fait de Hua Guofeng à la fois le Premier ministre et le premier vice-président du PCC. La lutte couve entre le groupe de Hua et la Bande des Quatre lorsque, le 9 septembre 1976, Mao meurt.
2.6. L’héritage de Mao
L'arrestation peu après de la Bande des Quatre et le retour de Deng en 1977 marquent la fin de la période inaugurée par Mao depuis 1958 et préparent l'ouverture future de la Chine à une économie de marché contrôlée.
Deng Xiaoping engage, à partir de 1978, un processus de « démaoïsation ». Dans ce contexte nouveau, le rôle de Mao fait l'objet d'une réévaluation critique (en 1979, le Grand Bond en avant est qualifié de « Grand Bond en arrière »).
Pourtant, le nom du fondateur de la République populaire demeure toujours une référence en Chine, sans doute parce que ce révolutionnaire mythique sert de soupape dans un pays en proie à la corruption généralisée des cadres. Il reste de lui le culte des projets démesurés – le barrage des Trois-Gorges en est un exemple –, l’idée d’une justice sociale distribuée équitablement entre les régions, souvent invoquée devant l’accroissement des inégalités, et l’héritage du parti unique, mais dont ses successeurs, contrairement à lui, se sont efforcés de préserver l’unité.
DOCUMENT larousse.fr LIEN |
|
|
|
|
 |
|
JOHN VON NEUMANN |
|
|
|
|
|
JOHN VON NEUMANN -mathématicien-physicien-informaticien.
Principales découvertes
Il a apporté d'importantes contributions tant en mécanique quantique, qu'en analyse fonctionnelle, en théorie des ensembles, en informatique, en sciences économiques.
Sa biographie
John Von Neumann né Neumann Lajos le 28 décembre 1903 en Autriche Hongrie il meurt d'un cancer le 8 février 1957 aux USA. Enfant prodige ses contributions en mathématique pures et appliquées sont considérables. Albert Einstein, dont il était le collègue à Princeton, le considérait comme un extraterrestre et Jean Dieudonné, le mathématicien phare du groupe Bourbaki, comme l'analyste le plus profond du XX ième siècle. Son palmarès est en effet impressionnant.
Théorie des ensembles et logique mathématique :
Sa fulgurante carrière en mathématique débute par les fondements logiques des mathématiques (à la suite des travaux de David Hilbert). En logique, Von Neumann propose une nouvelle axiomatisation de la théorie des ensembles, connue sous le nom de théorie des ensembles de von Neumann–Bernays–Gödel, en abrégée en NBG ou théorie des classes. C'est une théorie axiomatique essentiellement équivalente à la théorie ZFC de Zermelo–Fraenkel. Il est un des premiers à comprendre les résultats de Gödel
Mécanique quantique :
Influence par le programme d'Hilbert d'axiomatisation de la physique, il écrit un ouvrage monumentale sur les fondements mathématique de la mécanique quantique dans lequel il développe l'analyse fonctionnelle en introduisant sa théorie des anneaux d'opérateurs.
Analyse fonctionnelle
Economie et théorie des jeux
Avec Oskar Morgenstern il publie en 1944 un célèbre ouvrage intitulé La Théorie des jeux et comportements économiques (The Theory of Games and Economic Behavior) qui est un classique des ouvrages portant sur l’économie théorique.
Hydrodynamique et analyse numériques :
Travaillant sur les projets de bombes atomiques et à hydrogène, il est conduit à étudier l'hydrodynamique des explosions et est l'un des premiers à proposer d'étudier ces problèmes numériquement sur des calculateurs. Avec Ulam, il découvrira au passage l'algorithme de Monte Carlo et il donnera une méthode pour calculer plus facilement sur ordinateur des situations avec ondes de choc. Ces travaux, notamment en liaison avec la prédiction météorologique, stimuleront ses réflexions sur les ordinateurs et les automates cellulaires.
Ordinateurs et théorie des automates cellulaires :
Avec Alan Turing, Von Neumann peut être considéré comme le père des ordinateurs et de l'informatique moderne. L'architecture de la majorité des ordinateurs est en effet celle dite de Von Neumann. Intéressé par la structure du cerveau et les systèmes biologiques, il aura l'idée avec Ulam des automates cellulaires et il étudia à quelles conditions une machine peut se reproduire elle-même. On peut voir ces travaux comme de la biologie théorique car, le schéma d'un automate auto reproducteur que Von Neumann avait proposé, c'est trouvé justement être celui employé par les cellules avec l'ADN et l'ARN. De ces travaux a emergé le fameux Jeu de la Vie de Conway.
DOCUMENT futura-sciences.com LIEN |
|
|
|
|
 |
|
HISTOIRE DE LA BOMBE ATOMIQUE |
|
|
|
|
|
Histoire de la Bombe atomique
Dates décroissantes Titres seulement (19 réponses)
1904
22 avril
Naissance de Robert Oppenheimer
Robert Oppenheimer est né le 22 avril 1904 à New York. Il est essentiellement connu pour avoir été le directeur scientifique du projet Manhattan, et donc le père de la bombe atomique. Pourtant, il est aussi l'auteur de plusieurs travaux sur la naissance des trous noirs, travaux qui trouvent encore de nos jours un écho dans le milieu scientifique. Il fut victime du maccarthysme pour ses prises de position après la guerre et est décédé le 18 février 1967.
Voir aussi : Naissance - Histoire de la Bombe atomique - Projet Manhattan - Histoire des Sciences et techniques
1939
2 août
Lettre d'Einstein à Roosevelt
Albert Einstein cosigne avec les physiciens Leo Szilard, Edward Teller et Eugen Wigner, une lettre au président Roosevelt expliquant les risques que présenterait l’Allemagne nazie si elle détenait l'arme atomique. Suite au courrier, Roosevelt créera le "Manhattan Project" ayant pour objectif la réalisation d'une bombe atomique, comme le demandait le courrier. Le 6 et 9 août 1945, les Américains lanceront deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Histoire de la Bombe atomique - Roosevelt - Einstein - Histoire de la Physique
1942
septembre
Le Projet Manhattan est lancé par la Maison Blanche
Ayant compris dès 1939 l’intérêt du nucléaire, les États-Unis décident de structurer et de soutenir plus fortement la recherche sur ce domaine en créant le projet Manhattan. L’objectif est alors d’aboutir à la création d’au moins trois bombes atomiques, selon des étapes définies d’avance : réaliser une première réaction en chaîne dès janvier 1943 et obtenir la première bombe deux ans plus tard. Des moyens industriels et financiers conséquents sont alors mis à disposition des physiciens de renom, dont seul le dernier n’a pas obtenu le prix Nobel : Enrico Fermi, Arthur Compton, Ernest Lawrence et Robert Oppenheimer. La première réaction en chaîne aura lieu dès décembre 1942 tandis que la bombe sera prête en juillet 1945.
Voir aussi : Histoire du Prix Nobel - Dossier histoire du nucléaire - Histoire de la Bombe atomique - Histoire de la Maison Blanche - Projet Manhattan - Histoire de l'Armement
1942
2 décembre
Première pile atomique
Après un an et demi d’expérimentations et quelques tentatives infructueuses, le physicien Enrico Fermi et son équipe réussissent à faire fonctionner la première pile atomique. Autrement dit, c’est la première fois que l’on parvient à créer une réaction nucléaire en chaîne dans un matériau fissile. Le principe est alors le même que dans les futures centrales nucléaires, mais lors de cette expérience, on ne tente pas de récupérer l’énergie. Face à la peur de voir l’Allemagne nazie parvenir à réaliser une arme atomique, cette expérience ne sera pas mise à profit dans le civil immédiatement. Mais elle permettra de mettre en œuvre la production de plutonium, dérivé de l’uranium après réaction nucléaire. Cette production est alors destinée à la création des premières bombes atomiques.
Voir aussi : Dossier histoire des inventions - Dossier histoire du nucléaire - Histoire de la Bombe atomique - Centrale nucléaire - Projet Manhattan - Histoire de la Physique
1945
16 juillet
Première explosion d'une bombe nucléaire
L’expérience "Trinity", dans le désert du Nouveau-Mexique, à Alamogordo, voit exploser la première bombe atomique de l’histoire. La bombe n’est pas lâchée par avion mais disposée dans une tour. Celle-ci est rasée par l’explosion tandis que le sable alentour est vitrifié et qu’un champignon de 300 mètres de diamètre s’élève. Ce test marque l’aboutissement du projet Manhattan qui a permis de construire trois bombes nucléaires. Celle-ci, nommée "Gadget", était constituée de Plutonium, comme celle qui sera lancée sur Nagasaki. Par contre, la bombe qui explosera à Hiroshima est constituée d’Uranium 235.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Histoire de la Bombe atomique - Projet Manhattan - Histoire d'Hiroshima - Histoire de Nagasaki - Histoire de l'Armement
1945
6 août
Bombe atomique sur Hiroshima
A 8h15, l'avion américain "Enola Gay" lâche la première bombe atomique, "Little Boy", sur la ville Hiroshima, siège du commandement du Japon impérial. L'explosion provoquera la mort d'environ 100 000 personnes et anéantira complètement la ville dans un rayon de 2 kilomètres. Les radiations continueront à faire de nombreuses autres victimes pendant des années. Cette explosion a été décidée par le président américain Harry Truman pour mettre fin à la Seconde Guerre mondiale.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Bombardement - Histoire de la Bombe atomique - Truman - Histoire d'Hiroshima - Histoire de la Deuxième Guerre mondiale
1945
9 août
Bombe atomique sur Nagasaki
Trois jours après le lancement de la première bombe atomique américaine sur le Japon à Hiroshima, c'est la ville de Nagasaki qui est touchée. L'explosion de la bombe "Fat Man" fera 70 000 victimes. Le président américain Harry Truman veut ainsi mettre fin à la Seconde Guerre mondiale. Cinq jours plus tard, l'empereur Hiro-Hito se résignera à une reddition sans condition.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Bombardement - Histoire de la Bombe atomique - Truman - Histoire de Nagasaki - Histoire de la Deuxième Guerre mondiale
1949
29 août
L’URSS fait exploser sa première Bombe A
L’URSS procède au test de sa première bombe atomique dans le Kazakhstan. L’obtention de cette technologie est pour partie due à un bon système d’espionnage. Elle contribuera à un climat de paranoïa aux Etats-Unis qui se traduira par la "chasse aux sorcières".
Voir aussi : Dossier histoire de l' URSS - Dossier histoire du nucléaire - Dossier histoire de la guerre froide : l'apogée (1949-1953) - Histoire de la Bombe atomique - Histoire de l'Armement
1950
18 mars
3 millions de signatures pour l'appel de Stockholm
Lancé par le communiste Frédéric Joliot-Curie et le Mouvement mondial pour la paix, l'appel de Stockholm contre la bombe atomique recueille 3 millions de signatures en France. Le texte stipule: "Nous exigeons l'interdiction immédiate de l'arme atomique, arme d'épouvante et d'extermination des populations.[...] Nous considérons que le gouvernement qui, le premier, utiliserait contre n'importe quel pays l'arme atomique, commettrait un crime contre l'humanité et serait à traiter comme un criminel de guerre. Nous appelons tous les hommes de bonne volonté dans le monde à signer cet appel." L'appel de Stockholm sera signé par plus de 150 millions de personnes dans le monde entier.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Histoire de la Bombe atomique - Histoire de Stockholm - Joliot-Curie - Histoire de l'Appel de Stockholm - Histoire du Social
1951
9 avril
Les époux Rosenberg sont condamnés à mort
Le procès à l’encontre des époux Rosenberg pour espionnage, commencé le 6 mars 1951, aboutit à une double condamnation à mort par le jury. Selon l’accusation, les époux, membres du Parti communiste, auraient fait passer à l’ennemi soviétique des documents confidentiels sur la bombe A, contribuant ainsi à la maîtrise de cette dernière par l’URSS. Alors que les époux clament leur innocence, la nature du procès, mené à charge et sans révélation des preuves, provoque l’émoi dans la communauté internationale. Mais les Etats-Unis, en plein maccarthysme, sont peu enclin à la clémence. Les époux seront exécutés deux ans plus tard.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Dossier histoire de la guerre froide : l'apogée (1949-1953) - Histoire de la Bombe atomique - Histoire des 24 heures du Mans - Rosenberg - Histoire de la Justice
1952
1 novembre
Explosion de la première bombe H
Les Etats-Unis testent pour la première fois la bombe thermonucléaire. Elle est baptisée "Mike". Elle explose sur l'atoll d'Eniwetok près des îles Marshall dans le Pacifique. 1000 fois plus puissante que la bombe atomique lancée sur Hiroshima, "Mike" ne laissera plus rien de l'îlot après son explosion.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Dossier histoire de la guerre froide : l'apogée (1949-1953) - Histoire de la Bombe atomique - Histoire de la Bombe H - Iles Marshall - Histoire de l'Armement
1953
19 juin
Exécution des époux Rosenberg
Ethel et Julius Rosenberg, 35 et 37 ans, meurent sur la chaise électrique dans la prison de Sing-Sing, près de New York. Ces membres du parti communiste américain ont été condamnés deux ans plus tôt pour avoir livré des secrets nucléaires à l'URSS. Malgré une campagne internationale d'opinion en leur faveur et un appel à la clémence du pape Pie XII, le président Eisenhower rejettera la grâce. Cette exécution survient au paroxysme de "la chasse aux sorcières" menée par le sénateur Joseph McCarthy.
Voir aussi : Exécution - Dossier histoire du nucléaire - Procès - Dossier histoire de la guerre froide : l'apogée (1949-1953) - Histoire de la Bombe atomique - Histoire de la Guerre froide
1953
12 août
Bombe H Russe
Moins d’un an après le premier test américain, les Soviétiques font exploser leur première bombe H. La proximité de cet essai avec celui des Etats-Unis laisse à nouveau planer l’ombre de l’espionnage.
Voir aussi : Dossier histoire de la guerre froide : l'apogée (1949-1953) - Histoire de la Bombe atomique - Histoire de la Bombe H - Histoire de l'Armement
1957
15 mai
Le Royaume-Uni rejoint les puissances nucléaires
En pleine guerre froide, le Royaume-Uni réalise son premier essai d’une bombe atomique. Suivis par les Français trois ans plus tard, les Anglais démontrent ainsi la puissance technologique des nations européennes, soucieuses de leur indépendance dans le contexte de guerre froide.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Dossier histoire de la guerre froide : la coexistence pacifique (1953-1962) - Histoire de la Bombe atomique - Histoire de l'Armement
1960
13 février
Première bombe atomique française
Une bombe A, d'une puissance de 70 kilotonnes et surnommée Gerboise bleue, est testée par l'armée française dans le désert du Tanezrouf en Algérie. "Hourra pour la France ! Depuis ce matin, elle est plus forte et plus fière", s'enthousiasme le général de Gaulle, président de la République. Les Etats du Maghreb réagissent violemment contre ces tests : deux jours plus tard, le Maroc rappellera son ambassadeur à Paris.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Dossier histoire de la guerre froide : la coexistence pacifique (1953-1962) - Histoire de la Bombe atomique - Histoire de l'Armement
1966
7 avril
Une bombe H retrouvée en Méditerranée
Au terme de 80 jours de recherches actives, la bombe thermonucléaire perdue par l'US Air Force le 17 janvier au large de l'Espagne est retrouvée à 840 mètres de fond. Elle est intacte et selon les autorités américaines aucune pollution sous-marine n'est à craindre.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Histoire de la Bombe atomique - Histoire de la Bombe H - Histoire de la Méditerranée - Histoire de l'Environnement
1968
24 août
La France devient la 5ème puissance nucléaire
La première bombe H (bombe thermonucléaire ou à hydrogène) française explose à 600 mètres au-dessus de l'atoll de Fangataufa, dans le Pacifique. Sa puissance équivaut à 170 fois celle d'Hiroshima. Les Etats-Unis avaient fait explosé la première bombe H, issue des recherches effectuées à partir de la bombe A, en 1952, suivis de l'URSS en 1953, de la Grande-Bretagne en 1957 et de la Chine en 1967. En 1998, l'Inde et le Pakistan deviendront les sixième et septième puissances nucléaires.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Histoire de la Bombe atomique - Histoire de la Bombe H - Histoire de l'Armement
1997
24 septembre
Signature du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires
Soixante et onze pays du monde, dont cinq puissances nucléaires, signent à New York le traité d’interdiction complète de tout essai atomique. La France, encore secouée par la polémique des essais de Mururoa, adhère au traité qu’elle ratifiera au mois d’avril suivant. Bien que le Pakistan, l'Inde et la Corée du Nord n’aient pas signé ce traité, il sera respecté dans les premières années.
Voir aussi : Dossier histoire du nucléaire - Dossier histoire de New York - Histoire de la Bombe atomique - Essais nucléaires - Histoire de l'Armement
1998
28 mai
Inde-Pakistan : la course à la bombe
Le gouvernement pakistanais annonce que ses ingénieurs ont réalisé pour la première fois une série de cinq essais nucléaires dans l'est du pays. Deux semaines plus tôt, l'Inde avait également réalisé cinq tirs nucléaires expérimentaux. Face à la presse internationale, le leader pakistanais, le Dr Abdul Quadeer Khan, justifie ces essais par la nécessité de répondre aux "provocations" de New-Delhi. Cette escalade ravive les tensions entre les deux pays à propos du Cachemire.
DOCUMENT linternaute.com LIEN
|
|
|
|
|
 |
|
OPPENHEIMER |
|
|
|
|
|
Julius Robert Oppenheimer
Physicien américain (New York 1904-Princeton 1967).
Brillant chercheur épris de culture et d'humanisme, il reste surtout connu pour avoir dirigé, aux États-Unis, la mise au point de la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de militer pour des utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire et de s'opposer au développement de la bombe à hydrogène.
L'éveil d'une vocation
Issu d'une famille aisée de juifs allemands immigrés, Julius Robert Oppenheimer (le premier de ses prénoms est celui de son père, qu'il refusera de porter et réduira à sa seule initiale) est l'aîné de deux garçons (son frère, né en 1912, sera également physicien). Son père a fait fortune dans les affaires ; sa mère est artiste peintre. L'intérêt que portent ses parents à la littérature et aux arts stimule très tôt ses capacités intellectuelles. Adolescent timide et gauche, de constitution fragile, peu attiré par le sport, il se révèle en revanche un élève très doué, manifestant une grande curiosité scientifique (en minéralogie notamment). Après de brillantes études à l'Ethical Culture School de New York, il entre en 1922 à l'université Harvard, où il se spécialise en chimie, tout en suivant aussi des cours de physique, de mathématiques, de langues et de littérature. Après l'obtention, en 1925, de sa licence de chimie, avec la mention summa cum laude, il décide de s'orienter vers la physique théorique. Quatre ans de séjour en Europe vont lui permettre de côtoyer les plus grands physiciens de l'époque et de travailler, à leur côté, sur les applications des nouvelles théories (relativité, mécanique quantique). Il rejoint d'abord le laboratoire Cavendish de Cambridge, alors dirigé par Ernest Rutherford, puis travaille à Göttingen sous la direction de Max Born, où il rencontre Niels Bohr et Paul Dirac et obtient son doctorat en 1927, avant de séjourner à Leyde auprès de l'Autrichien Paul Ehrenfest (1880-1933) et à Zurich auprès de Wolfgang Pauli.
Un artisan majeur de la bombe atomique
En 1929, il regagne les États-Unis, où il est nommé professeur de physique théorique au California Institute of Technology et à l'université de Berkeley. Pendant treize ans, il se partage entre ces deux institutions, menant parallèlement à son enseignement de nombreuses recherches : contributions à la physique quantique et à la théorie de la relativité, études sur les rayons cosmiques, les paires électron-positron et les étoiles à neutrons.
L'étape suivante de sa carrière l'amène à jouer un rôle majeur dans la mise au point de l'arme atomique. En 1942, dans le cadre du projet de développement de la bombe atomique américaine (projet Manhattan), il est nommé directeur scientifique du laboratoire secret de Los Alamos, dans le Nouveau-Mexique. Il y réunit une équipe de scientifiques de haut niveau grâce à laquelle le projet est mené à bien en deux ans : le 16 juillet 1945, la première bombe nucléaire (nommée Trinity) explose dans le désert d'Alamogordo, et, le mois suivant, ont lieu les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki. Après la guerre, Oppenheimer participe à divers comités chargés d'orienter, aux États-Unis, les décisions concernant l'utilisation de l'énergie atomique. Mais, profondément marqué par sa part de responsabilité dans le développement et l'emploi de l'arme nucléaire, il milite désormais pour des utilisations pacifiques et un contrôle international de l'énergie atomique, et s'oppose au développement de la bombe à hydrogène. En 1947, il succède à Albert Einstein comme directeur de l'Institute for Advanced Study à l'université de Princeton. En 1953, en plein maccarthysme, il est accusé d'entretenir des rapports avec des communistes et se voit retirer son habilitation à accéder à des documents classifiés. Il va dès lors consacrer une large part de son temps à écrire et à prononcer des conférences, en s'intéressant plus particulièrement aux relations entre la science et la société (Science et bon sens, 1954). Réhabilité en 1963 par le président Johnson, qui lui remet la prestigieuse médaille Enrico Fermi pour sa contribution aux progrès de la physique nucléaire, il meurt quatre ans plus tard d'un cancer de la gorge.
DOCUMENT larousse.fr LIEN |
|
|
|
|
Page : [ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 ] Précédente - Suivante |
|
|
|
|
|
|